Praticien d'Ottignies écope de cinq ans de réclusion pour agressions sexuelles sur patientes
Un professionnel de santé exerçant à Ottignies a été condamné à une peine de cinq ans d'incarcération, dont deux ans effectifs, pour des viols et atteintes à l'intégrité physique sur onze de ses patientes, dont des mineures. Le tribunal a rejeté ses dénégations totales.

Praticien d'Ottignies écope de cinq ans de réclusion pour agressions sexuelles sur patientes
Un homme exerçant les professions de kinésithérapeute et d'ostéopathe dans la commune d'Ottignies a été condamné jeudi à une peine de cinq ans de prison, dont deux ans fermes, par le tribunal correctionnel. Les faits reprochés concernent des viols et des atteintes à l'intégrité physique commis sur onze patientes, dont deux étaient mineures au moment des agissements.
L'affaire a éclaté en juin 2023, lorsqu'une femme a décidé de saisir la justice. Elle avait fréquenté ce cabinet médical depuis l'âge de douze ans jusqu'à sa vingtième année, accordant une confiance aveugle au praticien. Elle a fini par comprendre que les gestes posés lors des séances dépassaient largement les limites du soin professionnel légitime. Les actes dénoncés comprenaient des contacts répétés sur la poitrine, des frottements au niveau des organes génitaux, ainsi que des pénétrations digitale justifiées par de fallacieux prétextes thérapeutiques.
Les enquêteurs ont rapidement découvert que ce professionnel avait déjà été visé par une première plainte en 2021. Une patiente avait alors dénoncé des comportements inappropriés sur internet et avait rassemblé d'autres témoignages. Malheureusement, elle s'était engagée à protéger l'anonymat des autres jeunes filles et avait refusé de divulguer leurs coordonnées aux forces de l'ordre, ce qui avait entraîné un classement sans suite de la procédure.
En 2023, les policiers sont revenus vers cette première plaignante en lui signalant que les comportements délictueux se poursuivaient. Elle a alors accepté de communiquer les confidences reçues en ligne, ce qui a permis aux enquêteurs d'identifier onze victimes au total.
Le schéma des agressions était quasiment identique chez l'ensemble des patientes : une mise en confiance progressive, l'exigence de se mettre en sous-vêtements indépendamment de la zone corporelle soignée, des compliments déplacés sur leur apparence, et des attouchements récurrents sur les seins et les parties intimes. Plusieurs victimes ont également indiqué que l'homme les positionnait de façon à provoquer un contact avec son sexe durant les séances, certaines ayant perçu une érection.
Devant les magistrats, l'accusé a rejeté l'intégralité des accusations. Il a évoqué une machination ourdie contre lui sans en saisir les raisons. Il a qualifié les plaignantes de menteuses, soutenant que ses manipulations étaient conformes à la pratique et dénuées de toute dimension érotique. Selon sa défense, les remarques sur le physique des jeunes filles déshabillées avaient pour unique objectif d'établir une relation de confiance et de renforcer leur estime de soi.
Son conseil a plaidé la relaxe sur l'ensemble des chefs d'accusation.
Dans une décision largement argumentée, les juges ont écarté les dénégations du prévenu. Ils ont particulièrement insisté sur son refus absolu de remettre en cause son comportement, alors que les faits sont d'une gravité exceptionnelle et ont causé un préjudice à onze personnes.
Outre la peine privative de liberté, le sursis probatoire impose un accompagnement psychiatrique et une prise en charge adaptée pour les délinquants sexuels. L'arrêt interdit désormais au condamné d'exercer sur des patientes de sexe féminin et le prive de ses droits civiques et politiques pour une durée de cinq ans.
Source : La Dernière Heure
Source: DHnet