Trois détenus condamnés pour avoir torturé leur codétenu à Anvers

Le tribunal d'appel d'Anvers a réduit les peines de trois prisonniers qui avaient infligé des sévices extrêmes à leur cellulaire en mars 2024. Le point de vue du hof sur l'absence de tentative d'homicide a fait baisser les sanctions.

Trois détenus condamnés pour avoir torturé leur codétenu à Anvers

En mars 2024, Roy J. a été retrouvé grièvement blessé dans sa cellule de la prison d'Anvers. Trois codétenus l'avaient soumis pendant plusieurs jours à une terreur systématique, rapporte De Standaard.

Le malheureux a été violé avec un manche à balai, aspergé d'eau bouillante, étouffé sous du film plastique et étranglé à l'aide d'une corde jusqu'à perdre connaissance. Les bourreaux l'ont aussi contraint à ingérer son urine, à manger une tartine avec ses propres excréments, et à uriner et aboyer comme un chien.

La cour correctionnelle d'Anvers avait infligé en octobre des peines de 15 à 20 ans aux trois responsables, notamment pour tentative d'assassinat. L'instance d'appel n'a pas retenu ce chef d'accusation. "Les auteurs voulaient rabaisser la victime au plus profond de son être, la déshumaniser et lui infliger une douleur extrême, sans pour autant l'ôter la vie", a déclaré la magistrate Els De Brauwer.

Cette qualification a eu un impact sur la sévérité des condamnations. Filip T., considéré comme le meneur et impliqué dans les actes de violence les plus graves, écope désormais de 18 ans de réclusion au lieu de 20, assortis de 15 ans de mise à disposition du tribunal de l'application des peines. Sonny R., qui a filmé et diffusé les faits sur les réseaux sociaux, est condamné à 12 ans et 10 ans de mise à disposition. Il participait aussi au viol et à plusieurs violences. Soulemane D. reçoit 7 ans. Très jeune au moment des faits, il était néanmoins mêlé à des agressions graves. Il a été acquitté du viol, le hof estimant qu'il agissait sous l'emprise des deux autres et en partie pour se protéger.

Deux autres codétenus, Sebastian C. et Alain G., avaient porté au moins un coup à la victime mais s'étaient surtout contentés d'observer sans intervenir. Ayant retiré leur appel en mai, ils ont vu leurs peines de 18 mois et 2 ans pour coups, traitements dégradants et non-assistance devenir définitives.

Le hof a rejeté l'argument de la défense selon lequel les conditions de détention difficiles constitueraient une circonstance atténuante. La victime percevra provisoirement 25 000 euros de dommages, en attendant une expertise médicale qui fixera l'indemnité définitive.

Source: De Standaard