Attouchements sur sa fille à 8 ans : un père déjà condamné pour viols jugé à Charleroi

Un homme déjà condamné à dix ans de prison pour viols sur sa belle-fille comparaît pour attouchements sur sa propre fille et violences sur ses enfants.

Attouchements sur sa fille à 8 ans : un père déjà condamné pour viols jugé à Charleroi

Déjà condamné pour viols, il répond d'attouchements sur sa fille cadette

Placée en famille d'accueil d'urgence depuis quatre mois, une adolescente de 12 ans a fini par confier à sa mère d'accueil les violences sexuelles qu'elle dit avoir subies de la part de son père. DHnet rapporte que les faits auraient débuté alors que la fillette n'avait que huit ans.

La jeune victime déclare avoir subi des attouchements de la part de Djamel, son père. « Il me montrait des vidéos pornos et me demandait des choses. Je ne voulais pas, j'ai dit non », a-t-elle déclaré à la police. Les agressions avaient lieu dans la chambre ou dans le salon. Me Valérie Lagneaux, tuteur ad hoc de la victime, a précisé que la fillette était envoyée par sa mère pour réveiller son père le matin : « Il lui montrait ses parties intimes, lui demandait si elle voulait l'embrasser sur la bouche. Cela a pris fin dès son entrée en prison. »

Une lourde condamnation antérieure

Ce n'est pas la première fois que Djamel se retrouve devant la justice. Le 12 janvier 2022, il avait été condamné à dix ans de prison pour de multiples viols commis sur sa belle-fille. Sa compagne Sabrina, mère de cette première victime, avait écopé de la même peine, reconnue coauteure des faits.

Climat de terreur au domicile familial

Au-delà des attouchements, le parquet reproche également à Djamel d'avoir instauré un climat de violence au sein du foyer. Selon les enfants, le père n'hésitait pas à frapper ses quatre enfants et sa belle-fille à l'aide d'un bâton de bois, d'une babouche ou d'un journal roulé, principalement dans le bas des jambes, en cas de mauvaises notes ou lorsqu'un enfant osait lui répondre. « C'est souvent les garçons qui prenaient, surtout l'un d'entre eux », a ajouté le tuteur ad hoc.

Le prévenu conteste, sa compagne admet

Actuellement détenu à Ittre, Djamel, la cinquantaine, conteste l'intégralité des faits. Il affirme n'avoir « jamais frappé ses enfants » et soutient que sa fille « a été manipulée » par sa famille d'accueil. « Regardez ce que j'ai fait pour eux. Pourquoi vous ne voyez pas le positif ? Je les ai emmenés à Paris », a-t-il déclaré à l'audience.

Sabrina, elle, est poursuivie pour non-assistance à personne en danger envers ses cinq enfants. Elle adopte une défense différente et reconnaît ne pas avoir mis ses enfants en sécurité. « Je ne me rendais pas compte des attouchements. La situation était vraiment compliquée à la maison. Il y avait des coups, une fois par semaine », a-t-elle déclaré — elle qui envoyait pourtant sa jeune fille dans la chambre de son mari.

Les réquisitions du parquet

La substitute Garcez, représentant le parquet, a requis une peine de quarante mois de prison contre Djamel et dix-huit mois contre Sabrina. Les deux avocats de la défense ont plaidé l'acquittement. L'avocate de Sabrina a insisté sur le fait que sa cliente était elle-même victime du climat de terreur instauré par Djamel, ce qui expliquerait son absence de réaction face aux violences.

Source: DHnet