Défense du policier dans l'affaire Ouassim-Sabrina : « Il a agi comme tout fonctionnaire diligent »
L'avocate d'un agent de police jugé pour homicide involontaire a demandé sa relaxe, estimant qu'il avait agi normalement lors de l'intervention du 9 mai 2017 à Bruxelles.

Défense du policier dans l'affaire Ouassim-Sabrina : « Il a agi comme tout fonctionnaire diligent »
Ce jeudi, les avocats d'un fonctionnaire de police ont réclamé sa relaxe devant le tribunal correctionnel du Brabant wallon. L'homme est jugé pour homicide involontaire suite à un drame survenu le 9 mai 2017 au centre de Bruxelles, où deux jeunes occupants d'une moto ont perdu la vie au terme d'une poursuite.
L'accident s'est produit à la sortie d'un tunnel de l'avenue Louise. Le véhicule de l'agent était immobilisé sur la voie de droite, feux clignotants en action. D'après les experts, il était perceptible à une distance de 200 mètres. La file de gauche restait dégagée, tout comme la bretelle de sortie. Le deux-roues fonçait à 140 km/h.
Selon les conseils de la défense, le pilote disposait de plusieurs options : ralentir ou se déporter sur la gauche. Il n'en a rien fait. « Peut-être cherchait-il une nouvelle fois à déjouer les forces de l'ordre, comme il l'avait fait durant la traque, en contournant le fourgon et en empruntant la sortie pour changer d'axe », a suggéré l'avocate. Le scooter s'est finalement écrasé contre le fourgon Volkswagen de l'accusé.
« Notre client s'est borné à accomplir sa mission. En positionnant son automobile à cet endroit pour qu'elle soit repérable, il s'est comporté comme n'importe quel fonctionnaire normalement attentif et consciencieux », a-t-elle soutenu. « Il ne peut être tenu pour responsable d'un décès par imprudence. »
Le parquet avait déjà formulé une demande de non-lieu il y a une quinzaine de jours. Au départ, trois agents étaient visés ; un seul comparaît encore. La juridiction suprême avait auparavant jugé qu'aucune faute pénale de cet homme ne pouvait être établie comme directement causale avec le sinistre.
En cas de rejet de la thèse de l'absence de faute, les défenseurs ont plaidé la prescription, les faits datant de près de neuf ans. Ils ont sollicité une condamnation symbolique ou un sursis à l'énoncé de la peine.
Du côté des proches des victimes, on ne nie pas les manquements du conducteur du scooter. On dénonce toutefois le manque de discernement des forces de l'ordre, qui savaient qu'une adolescente se trouvait en tant que passagère derrière le pilote. Un groupe de soutien s'est rassemblé devant l'enceinte judiciaire de Nivelles en début et en fin d'audience.
Le magistrat délibérera et communiquera sa décision le 26 août.
Source : La Dernière Heure
Source: DHnet