Eduardo Bolsonaro condamné à quatre ans de prison pour lobbying contre le Brésil

La Cour suprême brésilienne a condamné mardi par contumace Eduardo Bolsonaro à quatre ans de prison pour avoir poussé Washington à sanctionner Brasilia. Il sera inéligible à toute fonction publique pendant huit ans.

Eduardo Bolsonaro condamné à quatre ans de prison pour lobbying contre le Brésil

Quatre ans de prison pour le fils de l'ex-président brésilien

La Cour suprême du Brésil a condamné mardi Eduardo Bolsonaro, troisième fils de l'ancien président d'extrême droite Jair Bolsonaro, à quatre ans de prison par contumace. Selon Le Temps, le verdict sanctionne son lobbying auprès des autorités américaines en faveur de son père, lui-même condamné pour tentative de coup d'État.

Eduardo Bolsonaro, 41 ans, est ex-député et réside aux États-Unis depuis début 2025. Il était poursuivi pour entrave au procès de son père devant la Cour suprême, notamment via des pressions exercées sur le président américain Donald Trump afin que Washington impose des sanctions économiques au Brésil.

«Menacer les autorités judiciaires»

Quatre juges de la Cour suprême ont tranché en faveur du parquet. L'accusation retenait contre Eduardo Bolsonaro le fait d'avoir «menacé les autorités judiciaires et d'autres pouvoirs», en affirmant qu'il obtiendrait «des autorités américaines des sanctions (...) si le procès ne se terminait pas» conformément aux souhaits de son père.

Le juge Alexandre de Moraes, en charge du dossier, a été direct dans sa motivation : «Il ne relève pas de la fonction d'un député fédéral brésilien de faire du lobbying à l'étranger contre son propre pays.»

Inéligible jusqu'en 2038

À la peine de prison s'ajoute une interdiction d'exercer toute fonction publique pendant huit ans à l'issue de sa peine. Le mandat de député d'Eduardo Bolsonaro avait déjà été annulé en décembre, en raison d'un nombre d'absences trop élevé depuis son départ du Brésil début 2025.

Ces décisions restent susceptibles d'appel.

Eduardo Bolsonaro, qui ambitionnait de se présenter aux élections sénatoriales, a rejeté le verdict sur X : «L'unique et véritable objectif de ce procès absurde : retirer mon nom de la liste des candidats aux élections.»

Son frère, le sénateur Flávio Bolsonaro — présenté comme le principal rival de Lula dans la prochaine élection présidentielle —, a dénoncé une condamnation qui «s'apparente clairement à une vengeance» du juge Alexandre de Moraes, ajoutant que «nous ne vivons plus dans une démocratie à part entière».

Un lobbying d'abord efficace, puis neutralisé

Le travail de pression mené par l'ex-député avait dans un premier temps porté ses fruits. Washington avait imposé une surtaxe de 40 % sur des produits brésiliens exportés vers les États-Unis, invoquant une «chasse aux sorcières» contre l'ancien président. Cette mesure est entrée en vigueur début août 2025.

Elle a toutefois été levée en grande partie en novembre, sous l'effet notamment de l'inflation que ces produits brésiliens alimentaient aux États-Unis. La détente entre Washington et Brasilia qui a suivi a également conduit à la levée des sanctions financières américaines contre le juge Alexandre de Moraes.

Le contexte est celui du procès de Jair Bolsonaro lui-même, condamné à 27 ans de prison en septembre pour avoir tenté de se maintenir au pouvoir après sa défaite électorale face à Lula en 2022.

Regain de tensions après une rencontre Trump-Bolsonaro

La condamnation d'Eduardo Bolsonaro s'inscrit dans un regain de tensions entre Washington et Brasilia. En mai, Donald Trump avait reçu Flávio Bolsonaro, frère du condamné, une rencontre qui avait ravivé les frictions diplomatiques entre les deux pays.

Source: Le Temps