Procès du gestionnaire de fortune valaisan Sébastien B. : il plaide la bonne foi

Un ancien gérant de fortune du Valais comparaît devant le Tribunal de Sion pour escroquerie par métier. Vingt-huit parties civiles réclament des dizaines de millions de francs.

Procès du gestionnaire de fortune valaisan Sébastien B. : il plaide la bonne foi

Procès du gestionnaire de fortune valaisan Sébastien B. : il plaide la bonne foi

L'ancien gérant de fortune Sébastien B., originaire du Valais, a fait sa première apparition devant le Tribunal de Sion. Vingt-huit personnes l'accusent d'avoir détourné des dizaines de millions de francs, principalement en leur écoulant des certificats d'actions à des prix gonflés.

À l'audience, l'homme affichait une allure bien différente de celle du charmeur évoqué par les plaignants. Portant la barbe et un sweat à capuche, il s'exprimait à peine audibles, donnant l'impression d'être désorienté. « L'argent, je ne l'ai jamais caché. Mon existence est fichue, je vis comme un sans-abri », a-t-il lancé.

Il a soutenu avoir agi de bonne foi : « Notre projet me semblait viable. Le potentiel existait réellement. Les papiers l'attestaient. » Il a minimisé son rôle, précisant qu'il ne gérait que la relation clientèle : « Je ne maîtrise pas l'anglais et je ne suis pas spécialiste en économie. » Il a aussi fait remarquer que de nombreuses victimes n'avaient jamais déposé de plainte. Interrogé sur l'absence d'excuses, il a répondu : « Je ne voulais pas me faire gifler et j'ignorais comment réagir. »

Les manœuvres frauduleuses ont débuté en 2009. Le groupe, composé de quatre individus, achetait des certificats d'actions pour 20 000 à 30 000 euros et les revendait ensuite pour 200 000 à 300 000 euros. L'entreprise néerlandaise concernée possédait un brevet visant à traiter le latex afin de diminuer les allergies. Malgré les promesses du gérant, les affaires n'ont jamais décollé. Les profits étaient répartis équitablement entre les complices via une structure offshore, l'argent servant notamment à l'achat de vins de prestige. « Le vin me passionnait et j'étais le client le plus important des ventes chez Christie's », a affirmé l'accusé.

En 2015, Sébastien B. a passé six mois en détention préventive. Après une instruction de plus d'une décennie, il comparaît pour escroquerie par métier, abus de confiance aggravé et gestion déloyale aggravée, aux côtés de deux ex-complices. Un quatrième prévenu est décédé.

Source : Le Temps

Source: Le Temps