Ruag et d'autres entreprises suisses cèdent aux exigences des pirates informatiques
L'entreprise d'armement fédérale Ruag a versé une rançon à des hackers malgré les recommandations des autorités. De nombreuses entreprises suisses agissent de même en secret.

Ruag et d'autres entreprises suisses cèdent aux exigences des pirates informatiques
L'entreprise d'armement fédérale Ruag a reconnu avoir payé une rançon à des cybercriminels après une attaque contre sa filiale américaine. Ce cas illustre une pratique bien plus répandue en Suisse que les apparences ne le suggèrent.
Les autorités suisses répètent depuis des années le même message: ne jamais payer les pirates informatiques. Verser une rançon finance le cybercrime organisé et encourage les attaquants. Pourtant, la réalité sur le terrain diverge considérablement de ces consignes officielles.
Le groupe de hackers criminels Akira a récemment ciblé Ruag LLC, la filiale américaine de l'entreprise fédérale. Les assaillants ont dérobé des données informatiques avant de menacer de les diffuser sur le darkweb si leur demande financière n'était pas satisfaite. Contre l'avis de l'Office fédéral de la cybersécurité, la direction de Ruag a décidé de payer.
«Nous avons versé une somme modeste et avons heureusement récupéré l'intégralité des données», a indiqué Jürg Rötheli, président du conseil d'administration, dans un entretien avec la SRF. Cette déclaration publique reste exceptionnelle: la plupart des entreprises et entités publiques suisses victimes de ransomwares préfèrent le silence.
Selon les informations du Temps, de nombreuses sociétés helvétiques cèdent aux exigences des pirates sans jamais en informer les médias ni les autorités. Ce phénomène masqué soulève la question de l'efficacité des politiques de dissuasion actuelles face à la menace croissante des cyberattaques.
Source: Le Temps
Source: Le Temps