Surveillant pénitentiaire de Champ-Dollon reconnu coupable d'abus d'autorité

Un agent de détention de la prison genevoise de Champ-Dollon a été jugé pour avoir frappé un prisonnier et modifié le rapport d'incident.

Surveillant pénitentiaire de Champ-Dollon reconnu coupable d'abus d'autorité

Surveillant pénitentiaire de Champ-Dollon reconnu coupable d'abus d'autorité

Le Tribunal de police a condamné un agent de détention employé depuis près de trois décennies à la prison genevoise de Champ-Dollon. Il a été déclaré coupable d'abus d'autorité et de faux dans les titres, après avoir violemment giflé un détenu puis rédigé un rapport mensonger.

L'incident a eu lieu lors d'une confrontation avec un nouveau pensionnaire de l'établissement, un certain Mohamed. Récemment arrivé derrière les barreaux, ce dernier protestait bruyamment et voulait comprendre les raisons de son incarcération. Le surveillant-chef adjoint aurait alors porté un coup de main au visage du prisonnier.

Vêtu de son uniforme, le prévenu a comparu devant la magistrate Alexandra Banna pour contester l'ordonnance pénale émise par le parquet. Sa défense a reposé sur l'argument de la légitime défense. Il a soutenu n'avoir fait que repousser le détenu avec sa paume. Il a aussi justifié les inexactitudes de son écrit par un état émotionnel troublé, expliquant avoir signé sans relecture. De manière surprenante, il a déclaré qu'en pareille situation, il agirait de nouveau de la même façon.

Les enregistrements vidéo de la maison d'arrêt ont cependant démenti ses dires. Dans un univers carcéral où le silence et la solidarité entre agents prévalent souvent, ces images se sont révélées déterminantes pour établir la vérité. Elles montrent clairement la violence du geste et l'absence de provocation justifiant une telle réaction.

Le magistrat instructeur avait d'abord prononcé une sanction administrative que l'intéressé a choisi de déférer devant la juridiction répressive. Les arguments de la défense n'ont pas convaincu les juges. Les conseils du fonctionnaire ont indiqué qu'ils interjetteraient appel de cette décision.

Quelle: Le Temps

Source: Le Temps