Genève: le procureur Bertossa veut inverser le fardeau de la preuve contre le blanchiment

Le chef de la section des affaires complexes du Ministère public genevois estime que renverser le fardeau de la preuve serait l'outil le plus efficace contre l'argent sale.

Genève: le procureur Bertossa veut inverser le fardeau de la preuve contre le blanchiment

Genève: le procureur Bertossa veut inverser le fardeau de la preuve contre le blanchiment

Yves Bertossa, magistrat à la tête de la section des affaires complexes du parquet genevois, prône une méthode choc pour combattre le recyclage de capitaux. Selon lui, obliger les suspects à prouver l'origine licite de leurs fonds serait la mesure la plus adaptée. Il a développé cette position dans un entretien accordé au journal Le Temps.

Cette unité spécialisée, connue sous le nom de «la complexe», occupe une place centrale dans la répression des délits financiers. Elle a été impliquée dans des affaires à fort retentissement, comme celle concernant le magnat de l'industrie minière Beny Steinmetz, visé par des accusations de corruption. Les perquisitions médiatisées et les procès retentissants confèrent à cette division une exposition médiatique particulière, parfois accompagnée de vives controverses.

La polémique la plus récente touche au procès des promoteurs immobiliers et leurs immeubles jamais construits, annulé en raison d'un scandale d'interceptions téléphoniques. Des dialogues entre accusés et conseils juridiques avaient été écoutés, compromettant la validité de la procédure.

Bertossa dirige cette équipe depuis quatorze ans. Il aborde les difficultés qui entravent les enquêtes, la lenteur des procédures judiciaires et les risques d'indemnisation. La section a par ailleurs traversé une période troublée en 2019, marquée par un départ massif de collaborateurs et des restructurations.

Source: Le Temps

Source: Le Temps