Trafic de stupéfiants à Cahors : huit prévenus jugés après démantèlement d'un réseau
Huit personnes ont comparu vendredi au tribunal correctionnel de Cahors pour un vaste réseau de drogue opérant dans deux quartiers de la ville. Les peines requises vont jusqu'à quatre ans d'emprisonnement.

Huit narco-trafiquants devant la justice de Cahors après des mois de surveillance
Huit personnes ont comparu vendredi 5 juin devant le tribunal correctionnel de Cahors (Lot) pour répondre de faits de trafic de stupéfiants, de blanchiment d'argent et de violences. Selon ladepeche.fr, ce réseau organisé, démantelé en avril 2026 après plusieurs mois d'enquête, aurait opéré dans les quartiers de Sainte-Valérie et de Terre-Rouge, générant plusieurs centaines d'euros de recettes quotidiennes et impliquant des transferts de fonds vers l'Algérie.
Une enquête née de multiples procédures convergentes
L'affaire a débuté lorsque plusieurs procédures distinctes sont arrivées simultanément au parquet, toutes liées à des interpellations pour trafic de stupéfiants à Cahors. Le nom de Sofiane est rapidement apparu dans les registres de police, associé à plusieurs individus déjà cités dans des affaires de drogue. Des renseignements anonymes ont permis d'affiner le tableau : points de vente identifiés, go-fast signalés, vendeurs postés au pied des immeubles et rémunérés environ cent euros par jour.
Caméras et surveillances physiques dans deux quartiers
Les policiers ont installé des dispositifs de surveillance dans les deux secteurs ciblés. À Sainte-Valérie, entre août et novembre 2025, les images ont montré Tariq présent en permanence sur le point de vente, conseillant une jeune femme sur la revente et remettant des liasses de billets. À Terre-Rouge, Bilal a été identifié comme gérant : allers-retours répétés, contacts réguliers avec les vendeurs, dispute filmée avec l'un d'eux. Lors d'une intervention des forces de l'ordre, des stupéfiants ont été découverts dans les locaux. La recette quotidienne a été estimée à 600 euros, pour environ 300 clients par semaine.
La drogue — résine de cannabis et cocaïne — était dissimulée dans les faux plafonds de plusieurs immeubles, dans les bâtiments E, B1 et B2, ainsi que dans les espaces verts. Sofiane était quant à lui observé à bord d'un véhicule, récupérant des liasses de billets sur les points de vente. Sami, vu au volant du même véhicule, réceptionnait de l'argent auprès d'un vendeur. Abdel a été identifié comme ravitailleur, chargé d'approvisionner les points de vente en stupéfiants.
33 trajets nocturnes vers Toulouse à plus de 170 km/h
Les enquêteurs ont comptabilisé 33 trajets effectués de nuit en direction de Toulouse, à des vitesses dépassant régulièrement 170 km/h. Sofiane et Sami ont été identifiés sur ces déplacements, réalisés à bord de deux véhicules retrouvés ensuite sur les mêmes points de vente. Le dernier trajet enregistré remonte à décembre 2025. L'objectif retenu par les enquêteurs est le réapprovisionnement en stupéfiants depuis la ville rose.
L'argent collecté ne restait pas à Cahors : les prévenus transféraient les fonds via divers intermédiaires, avec une destination finale en Algérie.
Écoutes, témoignages et saisies
« Les écoutes téléphoniques permettent d'identifier plusieurs prévenus et de recueillir, selon l'accusation, des échanges explicites sur le trafic », a détaillé la présidente du tribunal. Trente-neuf consommateurs entendus ont désigné nommément plusieurs des individus présents à l'audience, dont Sofiane, Tariq et Bilal. Des proches et compagnes de prévenus auraient également reconnu leur implication dans le trafic.
Des stupéfiants ont été retrouvés au domicile d'Abdel (cannabis), d'Ibrahim (cannabis et cocaïne) ainsi que dans le véhicule de Bilal, où ont également été découvertes des plantes hallucinogènes. Des sommes d'argent liquide se chiffrant en milliers d'euros ont été saisies dans plusieurs logements liés aux prévenus.
Des peines requises allant jusqu'à quatre ans
La procureure a requis des peines échelonnées selon les rôles retenus, allant de seize mois d'emprisonnement dont six avec sursis simple à quatre ans ferme. Le délibéré n'avait pas encore été rendu au moment de la publication de l'article.
Les prénoms des prévenus ont été modifiés ou abrégés conformément à l'usage rédactionnel.
Source: Google News FR — Crime (fr)