Affaire cannabis Paris : le parquet fait appel de la peine de Sophiane Hambli, détenu au Maroc
Le parquet de Bordeaux a interjeté appel de la condamnation à 20 ans de prison de Sophiane Hambli dans l'affaire des 7 tonnes de cannabis à Paris en 2015.

Le parquet de Bordeaux conteste la peine de Hambli dans l'affaire des 7 tonnes de cannabis
Le parquet de Bordeaux a interjeté appel de la peine de 20 ans de prison prononcée à l'encontre de Sophiane Hambli, détenu au Maroc, dans l'affaire du transport de sept tonnes de cannabis au cœur de Paris en 2015, rapporte h24info.ma.
Hambli, 50 ans, jugé en son absence, avait été condamné à cette peine assortie d'une période de sûreté des deux tiers, conformément aux réquisitions du parquet. Le ministère public a également fait appel des peines concernant cinq autres mis en cause, et s'est joint aux recours formés par six condamnés supplémentaires.
François Thierry ne fera pas appel
À l'inverse, l'ex-patron de l'Office central de répression du trafic illicite de stupéfiants (Ocrtis), François Thierry, condamné en mars à un an de prison avec sursis pour complicité dans l'acheminement de la drogue, n'a pas contesté sa condamnation. Le parquet de Bordeaux a confirmé à l'AFP que le commissaire n'avait « pas interjeté appel de sa condamnation dans le délai de 10 jours qui lui était imparti », confirmant une information du quotidien Libération. Sa condamnation est désormais définitive.
Son avocat, Me Francis Szpiner, avait pourtant dénoncé à l'issue du procès une « condamnation injuste » de son client, qui dirige actuellement le Service de la transformation numérique de la police nationale.
La stratégie « Myrmidon » au cœur des débats
Le tribunal correctionnel de Bordeaux avait jugé fin mars François Thierry coupable d'avoir « apporté (son) aide à un trafic » au profit de Sophiane Hambli, son principal informateur. Le parquet avait pourtant requis sa relaxe.
À l'audience, l'ex-directeur de l'Ocrtis — devenu depuis l'Ofast — avait défendu la stratégie dite « Myrmidon », mise en œuvre entre 2010 et 2016 : infiltrer des réseaux de trafiquants via des informateurs, en acceptant l'entrée de drogue sur le territoire, afin d'appréhender les têtes de réseau.
C'est dans ce cadre qu'il avait organisé en 2012 une garde à vue fictive de Sophiane Hambli. Il a été acquitté pour ces faits en 2024 à Lyon. En 2015, une autre opération liée à cette stratégie avait conduit les douanes, dans un contexte de rivalité entre services, à découvrir les sept tonnes de cannabis boulevard Exelmans, dans le 16e arrondissement de Paris — une livraison censée être « surveillée » par la police. François Thierry avait lui-même qualifié l'épisode de « naufrage opérationnel », tout en martelant n'avoir jamais « voulu dissimuler quoi que ce soit ».
Une affaire aux conséquences institutionnelles durables
Cette affaire retentissante a directement conduit à une réforme de la lutte antidrogue en France. Outre Hambli et Thierry, une quinzaine d'autres prévenus ont été condamnés lors du procès de Bordeaux, à des peines pouvant aller jusqu'à huit ans de prison.
Source: Google News MA