Lyon : quinze ans de prison pour l'agresseur sexuel inspiré par l'affaire Pelicot
Un homme de 39 ans a écopé de quinze ans de réclusion criminelle pour avoir drogué sa compagne afin d'abuser d'elle sexuellement, après avoir nié les faits durant toute l'instruction.

Lyon : quinze ans de prison pour l'agresseur sexuel inspiré par l'affaire Pelicot
La cour d'assises de Lyon a infligé une peine de quinze ans de réclusion criminelle à un ancien agent de sécurité de 39 ans, reconnu coupable de viols et d'agressions sexuelles sur son ancienne partenaire. Le jugement a été rendu à l'issue d'une audience de deux jours, au cours de laquelle l'intéressé a fini par reconnaître des faits longtemps niés.
Durant trois ans d'enquête, le prévenu avait présenté neuf récits contradictoires aux enquêteurs. Au premier jour du procès, il maintenait encore son innocence. Ce n'est que le lendemain, une fois la psychologue entendue, qu'il s'est exprimé depuis le box des accusés. Vêtu d'une chemise blanche, il a alors admis avoir fait ingérer des comprimés à sa compagne pour la plonger dans un état second et abuser d'elle.
Il a décrit des scènes filmées où il utilisait un objet sexuel sur la victime inconsciente, tout en se livrant à des actes de masturbation. Il a également reconnu s'être livré à d'autres gestes dégradants, comme introduire son sperme dans un pot de cosmétique appartenant à la femme. De nouveaux extraits vidéo diffusés devant les jurés ont montré l'accusé souillant la brosse à dents de sa victime en la frottant contre les toilettes. Une séquence nocturne, réalisée à l'aide d'une caméra dissimulée, capturait un rapport où seule la voix de l'homme était perceptible — ce que l'avocate de la plaignante a interprété comme un viol supplémentaire.
La défenseure des intérêts de la victime, maître Julia Studient, a contesté la version minimisante de l'accusé. L'analyse capillaire de la plaignante révélait en effet la présence de substances sédatives sur une longue durée, incompatible avec seulement deux administrations. « Comment voulez-vous qu'on vous croie ? » a-t-elle lancé au prévenu, rappelant ses multiples versions successives.
L'expertise psychologique commandée par la cour a établi que la victime souffrait d'un syndrome de stress post-traumatique. Selon la praticienne, la jeune femme est désormais « terrifiée » à l'idée d'entamer une nouvelle relation sentimentale. Elle a toutefois estimé que la visualisation des enregistrements pouvait l'aider à intégrer la réalité des faits subis.
Le magistrat du parquet, Michel Guedes, a salué le courage de la plaignante et a requis une peine de douze ans d'emprisonnement assortie d'un suivi sociojudiciaire de six ans. Il a qualifié l'accusé de « disciple de Pelicot », soulignant ses échanges avec Dominique Pelicot — condamné pour les viols sur son épouse Gisèle — et la mise en œuvre de méthodes similaires. La partie civile a dénoncé une « chosification » de la victime, réduite au rang d'« accessoire sexuel ».
L'avocat de la défense a tenté de faire valoir l'état de détresse de son client au moment des faits, tout en admettant avoir mis deux ans à lui faire comprendre la notion de consentement. Il a plaidé pour une peine inférieure aux réquisitions, arguant que « tout le monde a droit à une seconde chance ».
Peu avant 20 h 30, les jurés ont décidé d'une condamnation à quinze ans de réclusion.
Source : 20 Minutes
Source: Google News LU FR