Affaire Nègre : la justice examine la responsabilité de l'État envers plus de 200 victimes
Une audience au tribunal administratif de Paris se tient jeudi 4 juin pour juger la responsabilité du ministère de la Culture en tant qu'employeur de Christian Nègre.

Soumission chimique au travail : l'État jugé pour avoir laissé agir Christian Nègre pendant dix ans
Une audience se tient jeudi 4 juin à 9h30 au tribunal administratif de Paris dans le dossier de l'ancien haut fonctionnaire Christian Nègre, rapporte franceinfo - Justice. Ce volet administratif de l'affaire vise à faire reconnaître la responsabilité du ministère de la Culture, en tant qu'employeur, pour avoir laissé Nègre agir pendant près de dix ans sans intervenir.
La Fondation des femmes, qui accompagne une cinquantaine de victimes dans cette procédure, a précisé la nature de l'audience dans une note transmise à la presse mercredi 3 juin. Dix victimes sont concernées par cette audience spécifique.
Plus de 248 victimes recensées
Christian Nègre, ancien directeur des ressources humaines du ministère de la Culture — qui a également exercé à la Direction des affaires culturelles de la région Grand Est —, est accusé de soumission chimique par plus de 200 femmes. Il leur aurait administré des diurétiques pour les contraindre à uriner, lors d'entretiens présentés comme professionnels.
Mis en examen par deux juges d'instruction, il est notamment visé pour « administration de substance nuisible », « violences par personne chargée de mission de service public » et « atteinte à l'intimité ». Six ans après l'ouverture d'une information judiciaire exceptionnelle, au moins 248 victimes ont été recensées, dont « au moins 180 » se sont constituées parties civiles, selon des données du parquet datant de février 2026.
Une responsabilité de l'État toujours refusée par les juridictions administratives
En janvier 2023, le tribunal administratif de Paris avait condamné l'État à indemniser huit victimes pour faute personnelle de Christian Nègre. Toutefois, les juges avaient alors refusé de reconnaître la responsabilité propre du ministère de la Culture en tant qu'institution employeuse, pour ne pas avoir protégé les victimes ni mis fin aux agissements de Nègre avant que la presse ne révèle l'affaire.
La Fondation des femmes déplore que cette position n'ait pas évolué depuis. « Malgré un appel du jugement et un recours en cassation devant le Conseil d'État en 2025, les juridictions administratives ont toujours refusé d'examiner la responsabilité propre de l'administration », indique l'organisation dans sa note. L'audience de jeudi constitue une nouvelle tentative de faire reconnaître ce manquement institutionnel, cette fois pour dix autres victimes.
Source: franceinfo - Justice