Affaire Liana : le meurtre d'une fillette de 11 ans devient une crise politique en France
Le meurtre d'une écolière de 11 ans dans le Gers, en France, s'est transformé en affaire politique majeure après la révélation de graves défaillances du système judiciaire dans le suivi du principal suspect.

Affaire Liana : le meurtre d'une fillette de 11 ans devient une crise politique en France
Le meurtre d'une écolière de onze ans à Fleurance, une commune de 6 200 habitants dans le département du Gers, au sud-ouest de la France, s'est transformé en affaire politique majeure, mettant en lumière les lacunes du système judiciaire. La fillette a disparu le 29 mai après l'école et a été retrouvée morte le 4 juin.
Selon le parquet d'Auch, un témoin a vu l'enfant dans le véhicule d'un homme de 41 ans. Son identification a été rapide grâce aux images de surveillance. Le 1er juin, le suspect, nommé Jérôme Barela, a été renvoyé en jugement pour enlèvement et détention illégale d'un mineur de moins de 15 ans, puis placé en détention provisoire.
Barela était déjà connu des services de police. En 2021, il avait perdu son poste dans un lycée de la région de Lectoure en raison d'un « comportement inapproprié envers une élève ». En 2022, une plainte pour viol sur une enfant de sept ans avait été déposée contre lui. L'affaire a été classée en mai 2024, faute de preuves suffisantes. En août 2025, une nouvelle plainte pour viols a émergé.
Au total, neuf procédures judiciaires ou policières avaient été engagées contre lui. Malgré cela, il est resté en liberté jusqu'au meurtre de Liana.
Le 5 juin, le ministre de la Justice Gérald Darmanin est apparu au journal télévisé de TF1 et a présenté des excuses publiques, reconnaissant qu'il y avait eu de « graves négligences dans le suivi des plaintes ». Il est rare qu'un ministre de la Justice en France demande pardon parce que le système a échoué à protéger un enfant.
La pression politique s'intensifie à l'approche de l'élection présidentielle d'avril 2027. Le président Emmanuel Macron a parlé de « dysfonctionnement de la Justice dans cette tragédie absolue » et a souligné qu'il existait des « responsabilités systémiques et individuelles » qui devaient être clarifiées. Le premier ministre Sébastien Lecornu a déclaré qu'il y avait des « éléments aggravants dans la procédure, à tous les niveaux », et que l'État allait réexaminer ses processus d'alerte.
Hier, une audition des ministres de l'Intérieur et de la Justice, Laurent Nuñez et Gérald Darmanin, a eu lieu au Sénat. La gauche demande une réforme globale du système de protection de l'enfance par une « loi intégrale ». Le premier ministre prévoit d'intégrer dans un projet de loi en juillet des mesures comme un durcissement des peines pour les actes de violence et une modification des règles de prescription.
La France insoumise a réclamé la démission du ministre de la Justice. Bruno Retailleau, président des Républicains et ancien ministre de l'Intérieur, a soutenu que Darmanin avait déjà publié en janvier une circulaire priorisant les plaintes concernant des enfants victimes, « mais qu'elle n'a visiblement pas été suivie ». Il a proposé la création d'une Cour de discipline de la Justice avec participation de citoyens.
Source : ΤΟ ΒΗΜΑ
Source: Google News CY — Crime (el)