Affaire Liana : le ministre français de la Justice refuse de démissionner malgré le scandale
Le ministre français de la Justice Gérald Darmanin a rejeté toute idée de démission après le scandale entourant le meurtre de Liana, 11 ans, enlevée et tuée par un homme placé sous contrôle judiciaire pour violences sexuelles. Le suspect principal avait été signalé par la mère d'une autre fillette p

Affaire Liana : le ministre français de la Justice refuse de démissionner malgré le scandale
Le ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, a écarté toute possibilité de démissionner en plein scandale provoqué par l'assassinat de Liana, une fillette de 11 ans, enlevée et tuée par un homme qui se trouvait sous contrôle judiciaire dans le cadre d'une affaire de violences sexuelles sur mineurs.
Selon CNN Greece, le corps de Liana a été découvert vendredi 5 juin 2026 dans un silo agricole situé dans le sud-ouest de la France. L'enfant avait été portée disparue.
Le principal suspect est un homme qui avait été signalé par la mère d'une autre fillette de 11 ans pour des viols commis entre septembre 2024 et mai 2025. La plainte avait été déposée le 22 août 2025. Après des examens médico-légaux qui ont confirmé les déclarations de la petite fille, le parquet de Toulouse avait renvoyé l'affaire vers une autre juridiction.
Le dossier, envoyé par courrier à la fin de l'année 2025, n'avait été réceptionné que le 9 janvier 2026 par le service de gendarmerie chargé de l'enquête. « Si nous avons besoin de neuf mois pour ne pas placer quelqu'un en détention ou pour ne pas entendre cette personne, je conclus que notre système de justice publique est en panne », a déclaré Darmanin lors d'une conférence de presse après une réunion avec les procureurs généraux pour leur demander de « reprendre toutes les procédures concernant les enfants » en France, au nombre d'environ 70 000.
Ces déclarations interviennent à la veille d'une marche en mémoire de Liana, à laquelle participeront des milliers de personnes.
Le frère du principal suspect, Jérôme M., a été placé en détention provisoire aujourd'hui dans le cadre d'une enquête pour viol sur mineur, détention illégale et menaces.
Les magistrats du tribunal de Bobigny (région parisienne) ont accusé ce soir le ministre d'« hypocrisie » concernant la gestion des affaires liées à la violence contre les enfants et l'« abandon des services de protection de l'enfance ».
Malgré une augmentation du budget de la Justice ces dernières années, celle-ci ne compense pas un retard structurel, selon Frédéric Sévillé, président de la Conférence nationale des procureurs : la France compte trois procureurs pour 100 000 habitants, contre une moyenne de 12,2 en Europe.
Le procès est difficile pour Gérald Darmanin, pilier du gouvernement et membre le plus populaire, ce qui lui aurait permis de nourrir des ambitions pour la présidentielle de 2027. Sous les attaques des partis d'opposition, il a rejeté l'idée de démissionner car « ces insuffisances n'ont rien à voir avec les directives données par le ministère ».
La présidente de l'Assemblée nationale française Yaël Braun-Pivet a demandé l'inscription à l'ordre du jour de l'Assemblée d'un projet de loi sur les violences sexuelles et sexistes, soutenu par environ cent députés.
« Toutes les trois minutes, un enfant est victime de violences sexuelles. Une femme sur deux a déjà subi des violences sexuelles au cours de sa vie. Seulement 1% des viols et 1% des affaires d'inceste aboutissent à une condamnation », a rappelé la députée du Parti socialiste Céline Timbert-Martin, rapporteure du texte.
Source: Google News GR — Crime (el)