Meurtre de Lyhanna : Jérôme B., casier vierge malgré quatre plaintes pour pédocriminalité

Le suspect de l'enlèvement et de la mort de Lyhanna, 11 ans, à Fleurance (Gers) n'avait aucun antécédent judiciaire malgré plusieurs signalements.

Meurtre de Lyhanna : Jérôme B., casier vierge malgré quatre plaintes pour pédocriminalité

Un intérimaire discret visé par quatre plaintes, jamais condamné

Placé en détention provisoire pour l'enlèvement de Lyhanna à Fleurance, dans le Gers, Jérôme B. présentait un casier judiciaire vierge au moment de son arrestation — en dépit de plusieurs plaintes et signalements pour viol ou agressions sexuelles sur mineurs, rapporte lanouvellerepublique.fr.

L'homme de 41 ans menait une vie sans éclat à Montestruc-sur-Gers, un village de 600 habitants situé à sept kilomètres de Fleurance. Il y vivait avec sa femme et ses deux enfants âgés de 7 et 11 ans. Sa fille était une amie proche de Lyhanna, également âgée de 11 ans.

Un parcours professionnel dans le milieu scolaire

Né en 1985, Jérôme B. a été scolarisé au collège de Cadours, en Haute-Garonne, à la fin des années 1990, avant de fréquenter le lycée professionnel Pardailhan à Auch. Ces informations figurent sur son profil du site Copains d'avant.

Il travaillait récemment pour une agence d'intérim basée à Auch, qui l'avait orienté vers une coopérative agricole. C'est sur un site désaffecté appartenant à cette coopérative que le corps de Lyhanna a été découvert jeudi.

Avant cette mission, le suspect avait occupé plusieurs postes d'agent d'entretien polyvalent dans des établissements scolaires, selon la Région Occitanie. Il y a cinq ans, il avait été licencié du lycée de Lectoure, dans le Gers, « après une procédure disciplinaire suite au signalement d'un comportement inapproprié envers une lycéenne », a précisé la Région.

Présent lors des premières recherches

Le 29 mai, Jérôme B. a participé en début de soirée aux premières recherches organisées à Fleurance pour retrouver la fillette. Les gendarmes l'ont interpellé le lendemain. Les enquêteurs le soupçonnent d'avoir enlevé Lyhanna ce même jour, vers 15 heures, après qu'une caméra l'a filmé alors qu'elle montait à bord de son véhicule.

Face aux enquêteurs, il nie toute implication dans la mort de la jeune fille. Lors de son premier interrogatoire devant la juge d'instruction du parquet d'Agen, le suspect a refusé de répondre à la moindre question. À l'issue de cette audition, il a été mis en examen pour enlèvement et séquestration.

Des doutes exprimés par la famille de Lyhanna

Selon le père de la victime, les deux fillettes étaient scolarisées dans le même collège. Sur BFMTV, l'avocat de la famille, Mᵉ François Roujou de Boubée, a indiqué que les parents de Lyhanna avaient mis fin à « tout contact » avec le suspect après avoir nourri « quelques doutes » sur son comportement lors d'une « soirée pyjama » organisée à son domicile.

Quatre plaintes, deux signalements

La révélation de plaintes antérieures à la disparition de Lyhanna a déclenché une polémique nationale sur les carences supposées de la justice. Dans le cadre d'une plainte déposée en 2025 pour viols, Jérôme B. savait qu'il était visé par la procédure. Selon une source proche du dossier, il avait harcelé les parents de la victime présumée et les avait suppliés de retirer leur plainte, affirmant être très attaché à leur fille.

Une autre jeune fille aurait par ailleurs reconnu le visage de son agresseur sur des photos du suspect diffusées dans le cadre de l'affaire Lyhanna ; elle dénonce des faits remontant à 2023, a appris France Télévisions de source proche du dossier.

Au total, Jérôme B. est désormais visé par quatre plaintes et deux signalements pour des faits de nature pédocriminelle — sans qu'aucune de ces procédures n'ait abouti à une condamnation avant son arrestation.

Source: Google News BE FR