Affaire Lyhanna : le suspect visé par de multiples accusations de violences sur des enfants

Une fillette de 11 ans a été retrouvée sans vie dans le Gers. L'homme mis en examen dans ce dossier avait fait l'objet d'au moins quatre signalements antérieurs pour des faits de nature sexuelle impliquant des mineurs.

Affaire Lyhanna : le suspect visé par de multiples accusations de violences sur des enfants

Affaire Lyhanna : le suspect visé par de multiples accusations de violences sur des enfants

Le 4 juin, une enfant de onze ans a été retrouvée décédée dans le département du Gers. Le dossier pointe un intérimaire de quarante-et-un ans, Jérôme Barella, comme suspect principal. Avant le drame qui a coûté la vie à la petite Lyhanna, cet individu avait déjà été la cible de quatre procédures judiciaires distinctes pour des agressions sexuelles commises sur des personnes mineures. Depuis son inculpation, trois nouvelles victimes présumées ont porté plainte.

Cette affaire a provoqué une vive réaction dans l'opinion et a mis en lumière les défaillances des mécanismes de protection de l'enfance. Une avocate pénaliste experte en matière de maltraitance sur mineurs, Maître Marie Grimaud, a qualifié la situation de "naufrage institutionnel", en particulier au sein du système judiciaire. Elle a déploré un niveau de "désarroi" et de "résignation" sans précédent parmi les acteurs de la justice.

Les responsables politiques ont réagi à l'émotion suscitée par ce crime. Le chef de l'État a estimé qu'il ne fallait pas répondre à un drame par des exclamations. Le ministre Lecornu a promis un texte réglementaire obligeant à justifier les décisions de non-poursuite dans les affaires d'atteintes sexuelles sur des enfants. De son côté, le ministre de l'Intérieur Darmanin a annoncé l'examen de plus de soixante-dix mille dossiers impliquant des mineurs, à achever d'ici le 14 juillet 2026.

Maître Grimaud a toutefois jugé ces annonces insuffisantes voire contre-productives. Selon elle, l'examen accéléré de dizaines de milliers de cas risque de multiplier les classements sans suite. Elle a également rappelé que l'obligation de motiver les décisions de non-poursuite existe déjà dans la réglementation actuelle, et ce de façon renforcée depuis deux ans.

Par ailleurs, une structure créée en 2020 pour écouter les victimes d'inceste et de violences sexuelles infantiles, la CIIVISE, avait formulé quatre-vingt-deux propositions remises au gouvernement en novembre 2023. Un an plus tard, aucune réponse officielle n'était parvenue à cette instance.

Source : Radio France / France Culture

Source: Radio France - Justice