Pas-de-Calais : le parquet de Boulogne-sur-Mer noyé sous les affaires d'atteintes à des enfants
Depuis quatre semaines, les magistrats du tribunal pour enfants de Boulogne-sur-Mer passent en revue des centaines de procédures de violences sur mineurs, sur instruction de la chancellerie.

Pas-de-Calais : le parquet de Boulogne-sur-Mer noyé sous les affaires d'atteintes à des enfants
Le palais de justice de Boulogne-sur-Mer vit sous tension. Depuis trente jours, les douze procureurs du parquet des mineurs réexaminent 550 procédures impliquant des enfants victimes de violences. Neuf d'entre elles ont été qualifiées d'urgentes.
Cette opération massive fait suite à une directive du ministère de la Justice, adressée à l'ensemble des parquets français après le drame de Lyhanna. Le délai imparti pour boucler ce travail est fixé au 14 juillet.
Les journalistes de France Télévisions ont obtenu l'autorisation rare de filmer l'activité de Cécile Gressier, procureure de la République dans cette juridiction. On la voit prendre en direct une décision cruciale : une plainte déposée il y a trois ans par une adolescente qui accuse son géniteur de viols. La magistrate ordonne la poursuite de l'enquête, tout en déplorant les délais nécessaires. Des experts devront évaluer à la fois l'état mental du prévenu et les séquelles psychologiques de la plaignante.
D'autres dossiers refont surface, comme des attouchements survenus dans un camp de scouts en 2023. Pour hiérarchiser ces affaires, la procureure s'appuie sur un critère essentiel : le risque de contact persistant entre l'agresseur et le mineur. La mise en sécurité des victimes prime sur tout le reste.
Kenza Laatar, magistrate substitut au parquet des mineurs, dresse un constat alarmant. Elle affirme que l'objectif de transformer l'enfance en zone protégée reste intact, mais que sans renfort de personnel, la qualité des investigations risque de pâtir de la surcharge. Les nouveaux signalements continuent d'affluer chaque jour, accentuant la pression sur des équipes déjà débordées.
Les juridictions spécialisées dans la protection de l'enfance réclament des effectifs supplémentaires pour honorer leurs engagements.
Source : franceinfo
Source: Google News FR — Crime (fr)