Attentat de Nice : la policière des caméras dénonce un "scandale d'État" dix ans après

Sandra Bertin, qui supervisait les caméras le 14 juillet 2016, dénonce toujours les défaillances du dispositif de sécurité. Elle vient d'être relaxée en diffamation.

Attentat de Nice : la policière des caméras dénonce un "scandale d'État" dix ans après

Attentat de Nice : la policière des caméras dénonce un "scandale d'État" dix ans après

Dix ans après l'attentat du 14 juillet 2016 à Nice, Sandra Bertin maintient ses accusations contre l'État. La chef de la police municipale, qui pilotait la supervision des caméras de vidéosurveillance le soir du drame, qualifie toujours la gestion de la sécurité de "scandale d'État", rapporte franceinfo.

Ce 14 juillet 2016, un camion-bélier avait foncé dans la foule sur la promenade des Anglais, faisant 86 morts et plus de 400 blessés. Sandra Bertin était alors postée au centre de supervision urbain, derrière les écrans de contrôle.

Interrogée mardi sur ICI Azur, elle a affirmé qu'aucun autre attentat sur le territoire français n'avait été traité de la même manière. Selon ses dires, le dispositif déployé ce soir-là était bien moins important que celui mis en place pour l'Euro de football, qui s'était déroulé quelques semaines plus tôt. Elle raconte avoir exprimé son désaccord dès la découverte du plan de sécurité, se voyant opposer un refus de la part des autorités parisiennes.

La fonctionnaire dénonce également des pressions exercées après l'attaque. Elle affirme que des responsables lui auraient demandé de modifier son rapport sur les effectifs de police présents sur place. Le lendemain du massacre, elle aurait reçu une réquisition visant à effacer les enregistrements de six caméras sur une période de vingt-quatre heures, incluant celles qui avaient filmé l'attentat. Elle qualifie cette demande de "complètement lunaire".

Ces révélations lui ont valu une plainte en diffamation déposée par une commissaire de police. Début juillet, le tribunal correctionnel de Nice l'a relaxée. La plaignante dispose désormais de dix jours pour interjeter appel.

Une instruction judiciaire reste ouverte sur les conditions de sécurisation de la promenade des Anglais. Les magistrats enquêtent sur des chefs d'homicides et blessures involontaires, mise en danger d'autrui, et faux en écriture publique.

Source: France Info