Marine Le Pen menace de renoncer à présidentielle si le tribunal ordonne un bracelet électronique
La dirigeante d'extrême droite française risque l'inéligibilité et la surveillance électronique dans l'affaire de détournement de fonds européens.

Marine Le Pen menace de renoncer à présidentielle si le tribunal ordonne un bracelet électronique
La dirigeante du parti d'extrême droite français a admis jeudi qu'elle pourrait se retirer de la course à l'Élysée si la cour d'appel de Paris décide de lui imposer un bracelet électronique. Cette mesure pourrait découler de sa condamnation pour détournement présumé de fonds de l'Union européenne.
La juridiction rendra son arrêt mardi prochain.
Âgée de 57 ans, Marine Le Pen conteste une décision de mars 2025 qui l'a déclarée coupable — aux côtés d'autres membres du Rassemblement national — d'avoir utilisé irrégulièrement des ressources du Parlement européen pour rémunérer des assistants parlementaires entre 2004 et 2016.
Selon les accusations, ces collaborateurs auraient en réalité travaillé pour le parti politique plutôt que d'assumer des fonctions législatives au sein de l'institution européenne.
En cas de confirmation de sa culpabilité, elle pourrait se voir interdire l'exercice de fonctions publiques et être contrainte de porter un dispositif de surveillance électronique.
« Si je peux être candidate, je le serai, mais à condition de pouvoir mener campagne », a déclaré Mme Le Pen lors d'une interview accordée à la chaîne LCI mercredi soir.
Interrogée sur le fait de savoir si le bracelet électronique constituerait l'obstacle principal, elle a répondu que le verdict pourrait finir par empêcher toute candidature.
« Bien sûr. Je ne peux pas dépendre d'un magistrat pour m'autoriser à tenir un meeting de campagne (...) ou à visiter un marché », a-t-elle affirmé.
Marine Le Pen a rejeté les allégations selon lesquelles elle se trouverait au centre d'un montage frauduleux visant à détourner des fonds communautaires.
En mars 2025, un tribunal parisien a estimé qu'elle était au cœur d'« un système frauduleux » mis en place par sa formation politique pour s'approprier 2,9 millions d'euros de fonds du Parlement européen.
La présidente du parti d'extrême droite avait alors été privée de l'exercice de fonctions publiques pendant cinq ans, assortie d'une peine de deux ans d'emprisonnement à domicile avec surveillance électronique.
Elle figure parmi les principales favorites pour succéder au président Emmanuel Macron lors du scrutin présidentiel français de 2027, sous réserve qu'elle puisse se présenter.
En cas d'empêchement, la formation d'extrême droite devrait désigner Jordan Bardella, âgé de 30 ans, comme candidat.
Interrogée sur les différences entre eux, Mme Le Pen s'est présentée comme l'option naturelle de son parti.
« Nous sommes complémentaires. Je pense avoir une certaine expérience, mais Jordan possène un dynamisme absolument incroyable, il a la force et l'énergie de la jeunesse », a-t-elle commenté.
La France organisera le premier tour de l'élection présidentielle le 18 avril 2027, avec un second tour prévu le 2 mai.
Source : Correio da Manhã
Source: Correio da Manhã