Trafic de cocaïne et cannabis à Bastia : cinq prévenus jugés pour 245 000 euros de gains
Le tribunal correctionnel de Bastia juge depuis le 7 juillet un réseau de trafic de stupéfiants actif en région bastiaise entre 2023 et 2024.

Réseau de stupéfiants en Haute-Corse : cinq hommes face au tribunal de Bastia
Selon Google News FR — Crime (fr), le tribunal correctionnel de Bastia examine depuis le mardi 7 juillet un dossier de trafic de stupéfiants ayant opéré en région bastiaise entre 2023 et 2024. Cinq prévenus comparaissent, dont trois en détention. Les gendarmes ont saisi 23 kg de résine de cannabis, 150 grammes de cocaïne et 40 000 euros en numéraire. L'enquête établit que le trafic aurait pu générer environ 245 000 euros.
Les investigations ont mis en évidence des transactions régulières : remises de sacs et rendez-vous aux abords de "points de deal" identifiés à Lupino et à Toga, deux secteurs de l'agglomération bastiaise.
Laurent Gautard, présenté comme tête du réseau à 23 ans
Laurent Gautard, déjà connu de la justice pour l'incendie de l'établissement La Mise au verre, un vol avec violence d'une Rolex et un précédent dossier de stupéfiants, est désigné comme le chef du réseau. La magistrate a relevé qu'il utilisait pour ses rendez-vous une Audi Q4 appartenant à la SCI de Graziella Mattei, sœur de Jean-François Mattei — ce dernier mis en examen pour trois assassinats dans une affaire distincte. Gautard a écarté tout lien : "Je l'ai connu en prison. Mais je ne sais pas ce que son nom fait dans ce dossier."
Plusieurs suspects l'ont désigné comme "le boss" lors de leurs interrogatoires. La présidente du tribunal a précisé que Jean-Maxime Farade avait, avant de se rétracter devant le juge, évoqué des transactions et "un décollage de drone vers la prison de Borgo avec des colis jetés dans la cour du centre pénitentiaire". Tom Chevalot, dans la vingtaine, est décrit comme celui qui confectionne les colis et pilote les drones.
Les co-prévenus s'expriment à l'audience
Devant le tribunal, Chevalot a reconnu sa participation sans désigner ses complices : "Je n'ai jamais transporté des kilos." David Micheloni, de la même génération, a adopté une position similaire. Interpellé dans une autre affaire en voiture avec 35 000 euros en espèces et sous l'emprise de stupéfiants, il est actuellement en détention : "La consommation de stups, les jeux et les mauvaises fréquentations m'ont amené ici."
Stéphane Pasqualini, 54 ans, détonne dans la salle d'audience. Présenté comme une "nourrice" dans ce dossier — celui chez qui les jeunes prévenus se seraient réunis pour organiser le trafic —, cet ancien addict à la cocaïne s'exprime avec un vocabulaire soigné. Selon l'enquête, ces réunions se seraient tenues "à son insu". Il a déclaré : "J'ai l'impression d'avoir été pris pour un con. J'aurais aimé ne pas avoir à participer à l'enlaidissement de notre pauvre monde."
Mathieu Boshert, ancien toxicomane, est le prévenu chez qui les saisies les plus importantes ont été effectuées. Il reconnaît une participation a minima.
Gautard qualifié de "personnalité la plus inquiétante"
La présidente du tribunal a estimé que Laurent Gautard présente "la personnalité la plus inquiétante" du groupe. L'intéressé se décrit pourtant comme un simple livreur : "Je ne vais pas participer à ce théâtre de balances. L'enquête a été bâclée."
Interrogé sur son parcours — il n'a connu que huit mois de liberté depuis ses 18 ans —, Gautard a affirmé vouloir quitter la France. Il a conclu : "En Corse, à part rentrer dans la voyoucratie, il n'y a pas d'autres manières de s'en sortir."
Le jugement était attendu dès le mercredi soir.
Source: Google News FR — Crime (fr)