Prix de la cocaïne en chute libre : 37,5 € le gramme dans le Gard, les enfants de plus en plus exposés
Dans certaines villes du sud de la France, le gramme de cocaïne se négocie désormais à moins de 40 euros. Cette dégringolade des tarifs s'accompagne d'une consommation croissante qui touche désormais les tout-petits et les collégiens.

Prix de la cocaïne en chute libre : 37,5 € le gramme dans le Gard, les enfants de plus en plus exposés
À Alès, dans le Gard, le gramme de cocaïne s'échange désormais contre 37,5 euros. Ce tarif dérisoire résulte de la guerre des trafiquants qui se livrent bataille pour les parts de marché, rapporte Midi Libre. Quelques années en arrière, le même produit valait le double.
Cette dégringolade des prix n'est pas un cas isolé. À l'échelle de l'Hérault, les forces de l'ordre constatent une tendance similaire, avec des tarifs avoisinant les 40 euros. Henri Cazeneuve, porte-parole de la police nationale dans ce département, observe une démocratisation du produit : l'image de la poudre blanche s'est nettement assainie aux yeux du public.
Les douaniers multiplient les saisies records. Fin mars, les agents de Perpignan ont intercepté 300 kilogrammes sur l'autoroute A9. Cette abondance sur le marché explique en partie la baisse des coûts.
L'Agence européenne des drogues (EUDA) a publié en juin son bilan annuel. Le document révèle que près de 7 600 personnes sont mortes d'une surdose dans l'Union européenne sur une période de douze mois. Magnus Brunner, commissaire chargé des Affaires intérieures, a souligné le lourd tribut humain de cette consommation. Par ailleurs, une nouvelle molécule psychoactive fait son apparition chaque jour sur le continent.
Le Pr. Bruno Mégarbane, qui dirige le service de réanimation toxicologique à l'Hôpital Lariboisière, identifie plusieurs facteurs explicatifs : la détresse sociale, la solitude, la banalisation des usages, et surtout la livraison à domicile qui place le client à un clic de sa commande.
Isabelle Claudet, cheffe des urgences pédiatriques au CHU de Toulouse, dénonce une évolution inquiétante. Des nourrissons et des bambins de moins de trois ans subissent des intoxications par inhalation de fumée de crack ou par ingestion de résidus de poudre. « On observe la même courbe de croissance que pour le cannabis il y a une décennie », prévient la praticienne. Les symptômes vont des troubles neurologiques aux convulsions, parfois aux comas.
L'âge des premiers essais recule dangereusement. « On trouve des collégiens, surtout entre quatorze et quinze ans », indique la médecin. La marchandise circule via des plateformes de livraison, elle est moins onéreuse et plus concentrée, avec une pureté moyenne de 73 %. L'Occitanie et l'Île-de-France, plaques tournantes de l'acheminement depuis l'Espagne, enregistrent le plus grand nombre de cas.
Sept opioïdes de synthèse nouveaux ont été repérés par le système d'alerte européen. Parmi eux, les nitazènes affichent une puissance deux à trois cents fois supérieure à celle de la morphine. Aux États-Unis, le fentanyl fait 100 000 victimes par an. Sur le territoire français, le phénomène demeure circonscrit. Dans le sud, les réseaux criminels comme la DZ Mafia freinent l'implantation de cette substance pour préserver leur commerce de la cocaïne. En contrepartie, ils écoulent à Marseille du crack prêt à consommer, encore plus accrocheur.
Source : Midi Libre
Source: Google News FR — Crime (fr)