Vol Rio-Paris AF447 : Air France et Airbus condamnés pour homicides involontaires en appel

La cour d'appel de Paris a déclaré les deux entreprises "seules et entièrement responsables" du crash de 2009, qui avait coûté la vie à 228 personnes.

Vol Rio-Paris AF447 : Air France et Airbus condamnés pour homicides involontaires en appel

Revirement judiciaire : Air France et Airbus condamnés en appel pour le crash de l'AF447

Dix-sept ans après la catastrophe, la cour d'appel de Paris a déclaré Air France et Airbus coupables d'homicides involontaires, jeudi 21 mai. Selon France Info, les deux entreprises ont été jugées "seules et entièrement responsables" du crash du vol AF447, le plus meurtrier de l'histoire de l'aviation civile française.

Le 1er juin 2009, l'Airbus A330 immatriculé F-GZCP, qui reliait Rio de Janeiro à Paris, s'est abîmé dans l'océan Atlantique en pleine nuit, quelques heures après son décollage. Les 216 passagers et 12 membres d'équipage avaient tous péri. À bord se trouvaient des ressortissants de 33 nationalités, dont 72 Français et 58 Brésiliens.

Des amendes maximales, une portée surtout symbolique

La condamnation revêt une dimension essentiellement symbolique. En tant que personnes morales, Air France et Airbus écopent chacune de la peine maximale prévue pour ce type d'infraction, soit 225 000 euros d'amende. Lors du premier procès, les deux entreprises avaient été relaxées.

La cour d'appel a ainsi suivi les réquisitions du parquet général, infirmant le jugement de première instance.

Les fautes retenues par la cour

Air France a été déclarée coupable de ne pas avoir mis en place une formation adaptée des pilotes face aux situations de givrage des sondes Pitot — des capteurs extérieurs mesurant la vitesse de l'appareil. La juridiction lui reproche également de n'avoir pas suffisamment informé ses équipages. "Les pilotes n'étaient pas préparés à la situation qu'ils ont rencontrée", a déclaré la cour, selon la journaliste de France Info présente à l'audience. La compagnie a toujours contesté ces griefs.

Airbus est pour sa part condamné pour avoir sous-estimé la gravité des défaillances des sondes anémométriques et pour ne pas avoir alerté en urgence les compagnies aériennes équipées de ces dispositifs. Le constructeur conteste lui aussi cette analyse.

Pourvois en cassation annoncés

À la sortie de l'audience, l'avocat d'Airbus a fustigé une condamnation "qui répond à des considérations qui n'ont rien à voir avec la justice, avec le droit, avec la sécurité". Le constructeur a annoncé se pourvoir en cassation. Quelques heures plus tard, Air France a indiqué avoir fait le même choix, disant "regretter" le jugement.

Les familles des victimes saluent la décision

Du côté des parties civiles, la réaction est inverse. "Une page s'est tournée", ont-elles déclaré. Danièle Lamy, présidente de l'association Entraide et solidarité AF 447, s'est félicitée d'une décision qui "pour la première fois, condamne des multinationales aéronautiques et place la sécurité au-dessus de toute autre considération économique".

Tout au long des deux procès, Airbus et Air France s'étaient farouchement défendus de toute responsabilité pénale. L'affaire se poursuivra désormais devant la Cour de cassation.

Source: France Info