Tentative de passage de drogue par drone à Poitiers-Vivonne : deux jeunes hommes restent en détention

Deux hommes de 18 et 19 ans, originaires de Nantes, ont comparu lundi devant le tribunal correctionnel de Poitiers pour avoir tenté d'introduire du cannabis par drone en prison.

Tentative de passage de drogue par drone à Poitiers-Vivonne : deux jeunes hommes restent en détention

Drone et cannabis à Poitiers-Vivonne : portrait de deux jeunes prévenus renvoyés au 27 juillet

Deux hommes de 18 et 19 ans ont comparu ce lundi 29 juin devant le tribunal correctionnel de Poitiers, selon ici.fr. Dans la nuit du 11 au 12 mai 2026, ils avaient piloté un drone pour tenter d'introduire un colis contenant du cannabis et des cigarettes dans le centre pénitentiaire de Poitiers-Vivonne.

L'affaire a été renvoyée en raison d'une grève des avocats, mais le tribunal a eu le temps d'établir le profil des deux prévenus, qui se tenaient debout derrière la vitre du box, aux traits encore juvéniles.

Deux trajectoires similaires, une même impasse

Le premier est un Tunisien sans-papiers, arrivé en France quatre ans plus tôt, hébergé chez son grand frère depuis que ses parents sont restés en Tunisie. Le second vit chez sa mère handicapée et a grandi sans père. Tous deux sont originaires de Nantes.

Chacun avait entamé une formation en CAP — l'un en menuiserie, l'autre en plaquisterie — sans jamais obtenir le diplôme. Le premier a été renvoyé après une bagarre ; le second a abandonné en raison d'un patron qu'il jugeait malhonnête. « L'oisiveté est la mère des vices », a déploré le procureur général à l'audience.

Sans emploi ni qualification, les deux jeunes hommes ont accepté de réaliser l'opération pour 400 euros, ignorant selon leurs déclarations l'ampleur des risques encourus — jusqu'à dix ans d'emprisonnement. Le pilote du drone affirme avoir agi « sous la menace » du commanditaire.

« Je ne m'adapte pas à cet environnement »

Incarcéré pour la première fois à 18 ans, le pilote du drone s'est dit « le plus petit » de la prison. Il a exprimé ses « regrets » à l'audience, ajoutant que c'est « trop difficile la détention ». « Je me sens pas bien en détention. Le premier jour je suis tombé malade. Je ne m'adapte pas à cet environnement », a-t-il déclaré. Son coprévenu en est également à sa première expérience carcérale.

Malgré ces déclarations, le tribunal a décidé de maintenir les deux hommes en détention provisoire dans l'attente du jugement, fixé au 27 juillet 2026.

Le commanditaire déjà emprisonné

Le commanditaire présumé devrait lui aussi comparaître à cette date. Il purge actuellement une peine de cinq ans de prison pour trafic de stupéfiants, association de malfaiteurs et violences aggravées.

Dans le cadre de cette même affaire, cinq personnes ont par ailleurs été interpellées la semaine suivante, soupçonnées d'avoir livré des colis de drogues à la prison de Vivonne. Trois d'entre elles devaient être déférées vendredi devant le parquet de Poitiers en vue d'un placement en détention provisoire.

Source: Google News FR — Crime (fr)