Disparition de Lyhanna dans le Gers : le suspect de 41 ans mis en examen et placé en détention

Le suspect interpellé dans l'affaire de la disparition de Lyhanna, 11 ans, a été mis en examen pour enlèvement et séquestration. Il nie toute implication.

Suspect mis en examen après 48 heures de garde à vue

L'homme de 41 ans placé en garde à vue dans le cadre de l'enquête sur la disparition de Lyhanna, collégienne de 11 ans, a été mis en examen lundi soir pour enlèvement et séquestration de mineure de moins de 15 ans, a indiqué à l'AFP le procureur d'Agen, Olivier Naboulet. Le juge des libertés et de la détention a en outre décidé de le placer en détention provisoire en fin de soirée, rapporte rtl.be.

Interpellé samedi à la mi-journée, le suspect a été transféré lundi après-midi vers le pôle criminel du tribunal judiciaire d'Agen. Face au juge qui l'a interrogé, cet homme — dont la fille était amie avec Lyhanna — a nié toute implication dans la disparition, selon une source proche du dossier citée par l'AFP.

Les familles se connaissaient depuis des années

Selon le père de Lyhanna, rencontré par un journaliste de l'AFP, les deux filles sont scolarisées dans le même collège de Fleurance et les deux familles entretiennent des relations depuis plusieurs années. L'avocat de la famille de la disparue, François Roujou de Boubée, a confirmé que Lyhanna était une « copine » de la fille du suspect et que les parents des deux collégiennes se connaissaient.

Sur BFMTV, Me Roujou de Boubée — qui a précisé ne pas avoir encore eu accès au dossier — a par ailleurs indiqué que les parents de Lyhanna avaient rompu « tout contact » avec le suspect après avoir eu « quelques doutes » sur ses agissements lors d'une « soirée pyjama » à son domicile. La seule attente de la famille, a-t-il déclaré, « est de retrouver Lyhanna » : « C'est la seule chose qu'on veut, le reste n'est qu'accessoire. »

Dimanche, la procureure d'Auch, Clémence Meyer, avait indiqué que le suspect avait déclaré avoir déposé Lyhanna à la piscine de la commune, des déclarations « jugées incohérentes et imprécises ».

Lyhanna vue pour la dernière fois vendredi devant son collège

L'adolescente a été aperçue pour la dernière fois vendredi vers 15h00 devant son collège à Fleurance, bourg de 6 000 habitants situé à 80 km à l'ouest de Toulouse. Malgré plusieurs jours de recherches dans les environs, les gendarmes n'ont pas retrouvé la jeune fille.

Jusqu'à 180 gendarmes mobilisés sur le terrain

Les efforts de recherche ont été intensifiés avec le renfort d'un escadron de gendarmes mobiles, portant à « 170-180 » le nombre de membres des forces de l'ordre déployés, a précisé en fin d'après-midi le colonel Philippe de Laforcade, commandant du groupement de gendarmerie du Gers. « On ne s'inscrit pas dans une notion de durée déterminée, on fait la mission (…), maintenir l'effort, c'est ce qu'on doit à Lyhanna, à sa famille et à la population de Fleurance », a-t-il souligné.

Rivière et lacs ont été sondés par des plongeurs, des chiens spécialisés dans la recherche de personnes, des drones et un hélicoptère ont également été déployés. Dimanche, une battue organisée par les gendarmes avec des habitants de la commune a permis de prélever « un certain nombre d'objets, d'indices ». Lundi, les recherches étaient orientées vers des bois au sud du bourg ainsi que vers d'autres zones des alentours.

Le colonel de Laforcade a demandé à la population de « ne pas engager de recherche collective de façon autonome », tout en n'excluant pas, « sous l'autorité du procureur de la République d'Agen, de relancer des recherches citoyennes ».

Fleurance sous le choc, les élus mobilisés

Une réunion réunissant une quarantaine de maires et d'adjoints de la communauté de communes de la Lomagne gersoise, dont fait partie Fleurance, s'est tenue lundi soir sur place afin de faciliter la « cohésion d'ensemble » et la diffusion des informations. Le maire de Fleurance, Gregory Bobbato, a indiqué que des élus souhaitaient afficher leur solidarité avec la famille.

« Les Fleurantains sont sous le choc de l'annonce », a déclaré M. Bobbato, insistant sur le rôle d'interface des élus entre les forces de l'ordre et la population. « Il faut permettre à l'enquête d'avancer sans l'entraver, surtout par des initiatives personnelles », a-t-il ajouté.

Source: Google News BE FR