Marine Le Pen condamnée en appel se déclare candidate à la présidentielle 2027
La cour d'appel de Paris a confirmé la culpabilité de Marine Le Pen, mais un pourvoi en cassation suspend l'arrêt. Elle annonce sa candidature à l'Élysée.

Marine Le Pen déclare sa candidature à la présidentielle après sa condamnation en appel
Selon tf1info.fr, Marine Le Pen a annoncé mardi soir sur le plateau du 20H de TF1 sa candidature à l'élection présidentielle de 2027, quelques heures après que la cour d'appel de Paris a confirmé sa culpabilité dans l'affaire des assistants parlementaires du Rassemblement national.
"Ce soir, je suis candidate à l'élection présidentielle", a-t-elle déclaré, précisant que le pourvoi en cassation qu'elle entend déposer "dans les dix jours" suspend les effets de l'arrêt rendu en appel. Ce mécanisme juridique lui permet de faire campagne sans bracelet électronique, une condition qu'elle avait elle-même posée publiquement. "J'avais indiqué que je ne ferai pas campagne sous bracelet électronique. Mais comme j'ai la possibilité de faire un pourvoi en cassation (...) et que le pourvoi suspend les effets de l'arrêt, je ferai donc campagne sans bracelet électronique", a-t-elle expliqué.
Une culpabilité confirmée, mais des peines allégées
La cour d'appel a reconnu la culpabilité de la présidente du groupe RN à l'Assemblée nationale, tout en réduisant le périmètre des faits retenus par rapport au jugement de première instance. Son avocat, Me Rodolphe Bosselut, a relevé que la décision "précise qu'il n'y a pas d'enrichissement personnel" et que "les peines prononcées sont moindres qu'en première instance". Il a qualifié cet écart de "petit effet d'érosion" d'un jugement à l'autre.
Me Bosselut a par ailleurs assuré qu'il n'y avait "aucune pression" exercée sur la justice dans cette affaire. Il a également indiqué que la Cour de cassation dispose habituellement d'un délai de 12 à 18 mois pour traiter un pourvoi. Le président de cette juridiction aurait néanmoins "dit qu'il ferait tout pour rendre une décision dans les meilleurs délais, en janvier ou février 2027", selon l'avocat.
Le scénario si la cassation échoue
Interrogé sur les conséquences d'un éventuel rejet du pourvoi par la Cour de cassation, Me Bosselut a indiqué que l'arrêt deviendrait alors "définitif" et qu'il faudrait "revenir devant un juge d'application des peines", lequel "convoquera" Marine Le Pen avant toute "mise en place ou non du fameux bracelet". L'avocat a également évoqué "la possibilité d'envisager éventuellement des notions de suspension, de réduction" de peines. "On fera tout ce qui est en notre pouvoir pour aménager au mieux, si cette situation devait se présenter", a-t-il ajouté.
Marine Le Pen elle-même a répondu laconiquement à la question de ce scénario : "Nous verrons. Les Français en seront juges."
Le Pen maintient son innocence
Sur le fond du dossier, Marine Le Pen a refusé de présenter des excuses aux Français. "Je considère que nous sommes innocents des faits qui nous sont reprochés et que ces faits ne peuvent pas recevoir la qualification de détournements de fonds publics", a-t-elle affirmé. Elle a soutenu que le reproche formulé portait sur le fait que des assistants parlementaires avaient "fait de la politique nationale alors qu'ils devaient faire de la politique européenne", ajoutant que "la cour a rappelé qu'il n'y avait eu aucun bénéfice financier dans cette affaire".
Elle a par ailleurs indiqué vouloir "aller au bout des voies de recours pour pouvoir défendre [son] innocence dans ce dossier", estimant que "deux juridictions peuvent commettre une erreur" et que l'état de droit le reconnaît en autorisant le pourvoi en cassation.
Un ticket Le Pen–Bardella pour 2027
Marine Le Pen a annoncé que la campagne démarrait "ce soir". "Jordan Bardella et moi-même allons très rapidement démarrer cette campagne présidentielle", a-t-elle déclaré, décrivant le binôme formé avec le président du RN comme "complémentaire" et préparé — elle "au rôle imminent de présidente de la République", lui "au rôle non moins éminent de Premier ministre". Elle a qualifié ce duo de "ticket gagnant".
Attal critique la candidature
Gabriel Attal, en duplex depuis le quartier général de Renaissance, a réagi avec réserve à l'annonce. "J'appartiens à une nouvelle génération politique pour qui l'exemplarité, la probité sont des valeurs importantes. Quand vous aspirez à être présidente de la République (...) il y a une dimension morale dans cette situation alors même qu'on a été condamné, avec un casier judiciaire, de la prison ferme", a-t-il déclaré auprès de Gilles Bouleau.
La procureure générale réserve sa décision
La procureure générale près la cour d'appel de Paris, Marie-Suzanne Le Quéau, a indiqué qu'elle prendrait sa décision "la semaine prochaine" concernant une éventuelle voie de recours de son côté. La question de l'éligibilité de Marine Le Pen pour la présidentielle reste donc suspendue à plusieurs délais judiciaires qui s'étendront, selon son avocat, jusqu'au début de l'année 2027 au plus tôt.
Source: Google News LU FR