Meurtre de Laurent Pasquali : la piste du crime passionnel soulevée au procès Athanor

L'avocate de la famille Pasquali avance l'hypothèse d'un mobile passionnel contre Alain Maarek. Le procès Athanor entre dans sa dixième semaine à Paris.

Meurtre de Laurent Pasquali : la piste du crime passionnel soulevée au procès Athanor

Procès Athanor : jalousie et dettes au cœur des débats sur l'assassinat du pilote

Selon lequipe.fr, l'avocate de la famille du pilote Laurent Pasquali, Sandrine Pégand, a formulé une nouvelle hypothèse lors des audiences du procès Athanor, qui se tient en salle 201 du tribunal de Paris : Alain Maarek aurait pu ordonner le meurtre de Laurent Pasquali non par intérêt financier, mais par jalousie. Cette piste s'ajoute à un dossier déjà tentaculaire, impliquant 22 accusés et plus de trois mois d'audience.

Lundi, trois acteurs centraux occupaient la salle. Dylan Bilheude, présenté comme complice et tireur par Sébastien Leroy — celui qui a reconnu sa présence sur le lieu probable de l'assassinat —, nie fermement toute implication. À quelques mètres, Alain Maarek, à qui Pasquali devait 100 000 euros, prenait des notes sur un grand cahier. Et Alain Leroy, père de Sébastien, comparaissait comme témoin.

Ce père, apiculteur et professeur d'arts martiaux, confirme avoir vu son fils et son ami Dylan chez lui dans la soirée du 29 novembre 2018. « Oui, je les ai vus tous les deux, a-t-il déclaré. Et ça me plombe la vie. » Sa femme corrobore les faits, mais avec des horaires divergents. Une avocate de la défense a balayé cette déposition : « De toute façon, ça n'a pas de valeur », rappelant qu'un parent ne prête pas serment aux Assises. « Un père n'a pas à choisir entre la chair de sa chair et la forfaiture », a ajouté Victor Zagury, défenseur de Bilheude.

Alain Leroy a livré peu d'éléments concrets sur les activités de son fils. « Mon fils me parlait un peu de supposées missions, a-t-il soufflé. Je ne posais pas trop de questions. Peut-être que je n'ai pas été suffisamment curieux. » Après cinq heures à la barre, il a regagné le public, s'installant fortuitement aux côtés de la compagne de Bilheude, qui encourt la perpétuité.

Maarek à la barre : cinq heures de dépositions

Mardi, Alain Maarek a tenu la barre pendant cinq heures, jusqu'à réclamer un fauteuil. Le président a mis fin à la journée, estimant que les capacités d'attention étaient épuisées. Maarek a une nouvelle fois nié avoir commandité le meurtre : « Je n'ai pas commandité le meurtre de Laurent. Par contre, je me sens moralement responsable d'avoir mis Vaglio et son équipe sur son chemin. »

Frédéric Vaglio est présenté comme l'organisateur du contrat. Maarek maintient qu'il avait uniquement mandaté cet ancien journaliste du Dauphiné Libéré, reconverti dans l'intelligence économique, pour évaluer la fortune résiduelle de Pasquali et récupérer les 100 000 euros prêtés en 2011. L'avocat général a interrogé Maarek sur un premier recours à des individus de basse extraction, en juin 2014, pour faire pression sur le pilote : « Vous avez eu recours à des petits voyous. Est-ce le point de bascule ? »

Les deux hommes n'étaient plus amis à cette époque. Maarek a évoqué avec ironie la façon dont Pasquali prononçait mal son nom : « Il disait "Pasquoili" alors que c'est "Paskali". Ça faisait plus corse. Il avait menacé d'envoyer des amis corses. »

L'hypothèse passionnelle de l'avocate de la famille

C'est Sandrine Pégand, avocate de la famille Pasquali, qui a introduit la dimension la plus inattendue des débats. Selon elle, Alain Maarek pourrait avoir commandité la mort du pilote non seulement pour récupérer sa créance, mais aussi par jalousie : Madame Maarek n'aurait pas été insensible au charme de Laurent Pasquali. Pégand a résumé le mobile supposé en ces termes : « Je me suis fait voler 100 000 euros, je me suis fait voler ma femme. »

Maarek a rejeté cette hypothèse avec dédain : « Ça ne vole pas très haut notre débat. » Mercredi, Nancy Maarek a pris la parole à son tour : « J'ai profondément été blessée d'avoir été accusée d'adultère. »

Cette hypothèse passionnelle reste, à ce stade, l'une des pistes explorées par la défense de la partie civile. Elle ne constitue pas une conclusion de l'instruction, et aucune preuve directe n'a été avancée à l'audience pour l'étayer.

Une vérité judiciaire attendue dans six semaines

Le procès, qui porte sur le meurtre de Laurent Pasquali — pilote ayant participé aux 24 Heures du Mans —, a débuté il y a plus de trois mois. Vingt-deux accusés comparaissent dans cette affaire, qui mêle dettes, réseaux occultes et, désormais, une possible rivalité amoureuse. La décision est attendue dans environ six semaines, à l'issue de débats que le président de la cour a dû à plusieurs reprises cadrer face aux digressions des uns et des autres.

Source: Google News LU FR