Cour d'appel : condamnation confirmée pour Marine Le Pen, peine allégée

La justice française a maintenu la culpabilité de la cheffe de file du Rassemblement national dans l'affaire des assistants parlementaires fictifs, tout en diminuant sa privation de droits civiques.

Cour d'appel : condamnation confirmée pour Marine Le Pen, peine allégée

Cour d'appel : condamnation confirmée pour Marine Le Pen, peine allégée

Les juges de la cour d'appel de Paris ont maintenu le verdict rendu contre Marine Le Pen dans l'affaire de détournement d'argent public européen, tout en atténuant certaines sanctions, ce qui pourrait théoriquement lui permettre de briguer la magistrature suprême en 2027.

D'après NBC News, les magistrats ont confirmé la culpabilité de la figure de proue de l'extrême droite française. Toutefois, ils ont diminué la durée de son exclusion des scrutins, initialement établie à cinq ans, ce qui pourrait rouvrir la possibilité d'une candidature présidentielle.

Cependant, le tribunal a imposé à Le Pen, 57 ans, le port d'un dispositif de surveillance électronique pendant douze mois. Cette contrainte pourrait rendre toute campagne électorale difficile sur le plan logistique et politique. L'intéressée avait elle-même laissé entendre qu'elle renoncerait à se présenter si elle devait porter un tel bracelet.

Le Pen avait été jugée coupable en mars de l'année dernière d'avoir utilisé 1,4 million d'euros de fonds du Parlement européen pour payer deux responsables de sa formation politique, alors baptisée Front national, comme assistants parlementaires. Les élus au Parlement de Strasbourg reçoivent des enveloppes pour leurs frais et pour rémunérer leurs collaborateurs, mais ne peuvent les employer pour financer des activités partisanes.

Les investigations ont révélé que ces recrutements, effectués sur la période 2004-2016, ne représentaient pas des cas isolés mais participaient d'un mécanisme plus vaste d'emplois fictifs.

Par ailleurs, Le Pen avait été condamnée à quatre ans de réclusion, dont deux avec sursis, assortis d'une pénalité financière de 100 000 euros. Les deux années restantes devaient être effectuées sous le régime de la détention à domicile avec surveillance électronique.

Sa formation politique, rebaptisée Rassemblement national en 2018, avait également écopé d'une sanction pécuniaire de 2 millions d'euros, dont la moitié avec sursis.

Le Pen, qui s'était classée deuxième derrière Emmanuel Macron lors des consultations de 2017 et 2022, était perçue comme la principale prétendante à la succession du chef de l'État avant cette condamnation.

Jordan Bardella, président actuel du Rassemblement national, a réitéré son appui sans faille à son prédécesseur. Il a affirmé qu'aucun argument ne justifiait l'éviction de Marine Le Pen de la décision des électeurs français.

Le Pen doit s'exprimer lors d'une émission télévisée sur TF1, où elle pourrait dévoiler ses intentions politiques futures. Elle conserve la faculté de former un pourvoi devant la Cour de cassation, bien que l'on ignore si les juristes ordonneraient la suspension de la peine dans l'attente d'une décision définitive.

Source: Google News MT