Procès Karim Harrat à Marseille : trafic de drogue et fuite au Maroc
Le procès de Karim Harrat, présumé baron de la drogue marseillais arrêté à Casablanca en 2021, s'est ouvert lundi devant le tribunal judiciaire de Marseille.

Karim Harrat devant la justice : du réseau Sky ECC à la barre du tribunal
Le procès de Karim Harrat s'est ouvert lundi 26 janvier devant le tribunal judiciaire de Marseille, rapporte Bladi.net. Surnommé « Le Rant », ce quadragénaire de 37 ans est poursuivi pour avoir organisé un vaste réseau de distribution de stupéfiants couvrant les quartiers nord de Marseille jusqu'aux Alpes-Maritimes.
Harrat comparaît aux côtés de quatre coaccusés. L'Office antiestupéfiants (OFAST) le présente comme un trafiquant de notoriété internationale, devenu indépendant après avoir collaboré avec les fondateurs du gang « DZ Mafia ». L'enquête repose sur l'analyse de milliers de messages échangés via la messagerie chiffrée Sky ECC, sous le pseudonyme « Diego Costa », mettant en évidence une hiérarchie structurée et des transactions portant sur de grandes quantités de résine de cannabis et de cocaïne.
Parmi les points de deal visés figurent notamment la cité des Bassens à Marseille ainsi que des réseaux implantés à Nice. Les enquêteurs ont également identifié un réseau de « lieutenants » et de personnels logistiques chargés du stockage, de la revente de téléphones chiffrés et de la collecte des fonds. Les perquisitions menées lors du démantèlement du groupe en décembre 2022 avaient permis la saisie d'articles de luxe et de montres haut de gamme.
Le parcours judiciaire de Karim Harrat est marqué par plusieurs années de cavale. Arrêté le 14 novembre 2021 à l'aéroport de Casablanca au Maroc, il a été placé en détention provisoire avant d'être transféré, à l'été 2025, à la maison d'arrêt de haute sécurité de Vendin-le-Vieil. L'accusé nie les faits qui lui sont reprochés, en dépit d'éléments comptables saisis faisant état de sommes dépassant 300 000 euros. Son casier judiciaire recense quatorze condamnations pour vols et violences, mais ne mentionne à ce stade aucune sanction pour trafic de stupéfiants.
Le délibéré est attendu jeudi 29 janvier. Ce jugement ne constitue qu'une première étape judiciaire pour Harrat : il devra comparaître à nouveau à l'automne prochain devant la cour d'assises pour un triple homicide commis en 2020.
Source: Bladi.net