Fusillade de Nice : le procureur de Marseille promet de ne pas abandonner les quartiers victimes du narcotrafic
Deux hommes et une femme ont été mis en examen après la fusillade de Nice. Le procureur Bessone évoque des "tirs à l'aveugle" et une "guerre de territoires".

"Nous n'abandonnerons pas" : Bessone s'engage après la fusillade de Nice
Trois suspects mis en examen et placés en détention provisoire — c'est le bilan judiciaire annoncé lundi lors d'une conférence de presse, au lendemain de la fusillade survenue à Nice la semaine dernière, qui a fait deux morts et six blessés. Selon France Info, Nicolas Bessone, procureur de la République de Marseille, a réaffirmé mardi sur l'antenne de la station que les autorités ne lâcheraient pas prise face au narcotrafic.
Les deux victimes décédées étaient "étrangères au trafic" de drogue, a rappelé Bessone. Il a confié avoir "entendu avec beaucoup d'émotion le témoignage de la fille de ce père de famille qui a été tué lors de cette fusillade". Cette jeune femme, Miranda, s'était exprimée sur France 2 pour demander que "ça ne se reproduise pas" et que "l'État entende [son] désespoir", qualifiant son intervention d'"appel à l'aide".
Le procureur a répondu directement à cet appel. "Les gens aspirent à vivre librement de leur travail et paisiblement. Et tant que les narcotrafiquants sont là, ça pourrit la vie de ces quartiers", a-t-il déclaré. "Nous poursuivrons notre action", a-t-il insisté.
Une "guerre de territoires" aux victimes collatérales
Bessone a décrit la dynamique à l'œuvre comme une "guerre de territoires" dont les objectifs sont multiples : "terroriser la partie adverse", "effrayer la clientèle potentielle", "briser le consensus social qui peut exister dans le quartier" et "entraîner une intervention plus forte de la police".
À ce stade de l'enquête, "aucun élément ne permet de déterminer qu'une personne était visée en particulier", a précisé le procureur. "C'est la proximité du point de deal, la volonté de s'accaparer le territoire qui a provoqué cette tragédie." Il a souligné ce qu'il juge être la dérive la plus inquiétante du narcotrafic : "ces tirs à l'aveugle qui peuvent atteindre des victimes collatérales".
La piste de la DZ Mafia envisagée
Les investigations visent désormais à "remonter au commanditaire", selon Bessone. "Toutes les hypothèses sont envisagées, y compris celle de la DZ mafia", a ajouté le procureur, sans exclure aucune piste à ce stade.
La fusillade de Nice s'inscrit dans un contexte de violences liées au trafic de stupéfiants qui touchent plusieurs grandes villes françaises. Bessone, dont le ressort couvre Marseille, ville particulièrement exposée à ce phénomène, a réaffirmé l'engagement des parquets à poursuivre leur action dans les quartiers concernés, en réponse directe au témoignage de Miranda et aux familles des victimes civiles.
Source: France Info