Marine Le Pen condamnée à un an de prison avec bracelet électronique

Le tribunal de Paris a condamné Marine Le Pen à un an de prison avec bracelet électronique et lui a retiré temporairement le droit de vote passif.

Marine Le Pen condamnée à un an de prison avec bracelet électronique

Marine Le Pen condamnée à un an de prison avec bracelet électronique

La cour d'appel de Paris a condamné la dirigeante d'extrême droite Marine Le Pen à une peine d'emprisonnement d'un an avec assignation à résidence sous surveillance électronique. Elle a également été privée de son droit électoral passif pendant quinze mois, tandis que trente mois supplémentaires ont été suspendus avec mise à l'épreuve, selon l'annonce rendue par les magistrats.

Cette sanction, déjà appliquée provisoirement depuis fin mars 2025, est considérée comme purgée par la juridiction. Selon blue News, cette décision pourrait empêcher l'intéressée de se présenter à l'élection présidentielle française du printemps prochain.

La date cruciale pour l'éligibilité correspond au premier tour du scrutin. Puisque la privation du droit de vote passif est en vigueur depuis la fin du mois de mars 2025 et que le scrutin est prévu pour le mois d'avril à venir, la condamnée aurait théoriquement accompli sa peine avant cette échéance, le tribunal ayant assorti une grande partie de la sentence d'un sursis.

Toutefois, des incertitudes demeurent : en cas de pourvoi en cassation déposé par la défense ou l'accusation, les spécialistes du droit ne s'accordent pas sur l'application immédiate de l'inéligibilité. Si cette mesure n'était pas maintenue pendant la procédure de cassation, la condamnée pourrait être écartée du scrutin peu avant la tenue de celui-ci. Par ailleurs, même sans exclusion, un renversement du verdict par la Cour de cassation pourrait porter préjudice à son image politique.

La peine de prison prononcée pourrait également compromettre ses ambitions. Bien que deux des trois années de réclusion soient suspendues et qu'elle puisse purger la troisième à domicile moyennant un dispositif de surveillance, cette situation l'assujettirait à des horaires de sortie stricts. Mener une campagne électorale intensive, marquée par de nombreux déplacements et réunions publiques, s'avérerait alors quasiment impossible, comme elle-même l'a reconnu.

Outre l'incarcération domiciliaire et la privation temporaire du droit de vote, la cour a infligé une amende de cent mille euros. L'accusée avait constamment réfuté toute responsabilité dans cette affaire.

Le jugement intervient quelques mois seulement avant la présidentielle qui tient une place centrale dans ses projets politiques. La soirée même du verdict, l'ancienne présidente du Rassemblement national devait communiquer sa décision quant à une éventuelle quatrième candidature au palais de l'Élysée.

En cas de renoncement de sa part, sa formation politique devrait désigner son dauphin Jordan Bardella comme candidat. Ce dernier, âgé de trente ans seulement et actuellement à la tête du parti, la dépasse déjà légèrement dans les sondages concernant le premier tour. Tous deux affichent des scores nettement supérieurs aux représentants des autres formations, ce qui leur conférerait de bonnes chances d'accéder au second tour.

Le choix entre ces deux personnalités influencera considérablement la stratégie électorale du Rassemblement national. La condamnée pourrait se présenter comme une martyre, victime d'un système judiciaire qu'elle dénonce violemment, et renaître de ses cendres. Son successeur, quant à lui, incarnerait un renouveau. Sa capacité à maintenir son avance dans les intentions de vote reste cependant incertaine. Ses adversaires politiques s'entendent pour reconnaître que son aînée constituerait une rivale bien plus redoutable.

L'affaire judiciaire portait sur des soupçons d'emplois fictifs concernant des collaborateurs parlementaires de plusieurs élus français au Parlement européen entre 2004 et 2016. L'accusation centrale visait l'utilisation de fonds destinés à l'assistanse parlementaire pour le compte du Front national, l'ancienne appellation du Rassemblement national. Les juges ont qualifié les faits de particulièrement graves, estimant qu'en tant que responsable principal de la formation politique, l'accusée aurait dû veiller au respect des règlements.

En première instance, la juridiction avait déjà privé la prévenue de son droit électoral passif pendant cinq ans avec effet immédiat et l'avait condamnée à quatre ans d'emprisonnement, dont deux avec sursis. L'accusation avait réitéré ses réquisitions en appel, demandant à nouveau l'inéligibilité temporaire et une peine de prison. Les conseils de la défense avaient plaidé l'acquittement, espoir qui n'a pas été satisfait.

Source: Google News CH — Crime (de)