Procès à Mont-de-Marsan : un Belge jugé pour tentative de meurtre à Hossegor après avoir poignardé l'amant de sa compagne
Un Belge de 32 ans comparaît devant la Cour d'assises des Landes pour avoir donné quatre coups de couteau au patron d'une cabane à huîtres d'Hossegor en août 2023.

Un Belge aux traits apaisants devant la Cour d'assises des Landes pour tentative de meurtre
Depuis le lundi 1er juin, un Belge de 32 ans est jugé à Mont-de-Marsan pour tentative de meurtre sur le patron d'une cabane à huîtres de Soorts-Hossegor. Selon ici.fr, le premier jour d'audience a révélé un contraste saisissant : la violence extrême des faits d'un côté, un accusé décrit par ses proches comme « honnête », « loyal » et « cultivé » de l'autre.
Quatre coups de couteau au terme d'une nuit d'errance
Dans la nuit du mois d'août 2023, alcoolisé et sans nouvelles de sa compagne, l'accusé avait décidé de se rendre à vélo à son lieu de travail, vers 5 heures du matin. Elle officiait comme serveuse saisonnière dans une cabane à huîtres d'Hossegor. Arrivé sur place, il découvre par une fenêtre sa compagne en train d'avoir une relation sexuelle avec le gérant de l'établissement.
« J'étais dans un état de sidération. J'ai senti une vraie déchirure. Je pense que j'ai vu rouge. C'est une gigantesque erreur », a déclaré l'accusé à la barre. Il a ensuite reconnu avoir porté quatre coups de couteau à la victime : au visage, à l'abdomen, au thorax et au bras. Il nie toutefois avoir voulu tuer l'ostréiculteur — et c'est lui qui avait appelé le Samu pour secourir le blessé.
Des blessures graves, sans mise en danger du pronostic vital
Les images diffusées lors de cette première journée d'audience ont frappé les esprits : traces et éclaboussures de sang éparpillées dans la cabane, photos des plaies du gérant, et notamment une entaille au visage dont les cicatrices restent visibles aujourd'hui sur la joue de la victime. Les blessures avaient entraîné une incapacité totale de travail de dix jours. Le pronostic vital de la victime n'avait toutefois pas été engagé.
Auditionné à la barre, le gérant de la cabane, un Landais de 37 ans, a livré un témoignage poignant : « J'ai pris une rafale de coups. Je n'ai pas réalisé au début. C'était un mauvais rêve… » À la question de la présidente du tribunal sur la peur pour sa vie, sa réponse a été sans équivoque : « Complètement. Il était fou de rage. Il avait un regard noir. »
Depuis les faits, cet homme a dû abandonner son activité d'ostréiculteur et céder la cabane qui appartenait à sa famille depuis plusieurs générations. Trop difficile d'y retourner après ce drame. Il s'est reconverti en paysagiste.
Constitué partie civile, il a néanmoins exprimé le souhait de tourner la page : « J'ai envie que ça s'arrête et tourner la page une bonne fois pour toute. C'est difficile pour tout le monde, l'agresseur aussi. Je veux que chacun reprenne sa route. »
Un profil qui détonne
Vêtu d'une chemise blanche, l'accusé s'est exprimé avec calme et clarté lors de cette première journée. Fils d'une orthophoniste et d'un directeur d'école, il a évoqué « une enfance heureuse, baignée dans la culture, avec un parcours scolaire sans encombre », des années de scoutisme, des tentatives abandonnées à la faculté de philosophie puis de sociologie, ainsi qu'une consommation régulière de cannabis avant les faits. Depuis plusieurs années, il cherche à vivre de sa peinture.
Son expertise psychiatrique n'a révélé aucune altération du discernement ni de trouble de la personnalité. Son casier judiciaire est vierge.
Ses proches ont défilé à la barre pour dresser un portrait à rebours de l'image d'un homme violent. « Pour moi, c'est quelqu'un de gentil, bien élevé, avec un comportement direct », a témoigné son père. « C'est devenu un jeune homme honnête et qui fait preuve d'empathie », a ajouté sa mère. « Il est très important dans ma vie aujourd'hui », a conclu sa sœur. À chacun de ces témoignages, l'accusé, visiblement ému, a versé des larmes à plusieurs reprises.
Après les faits, il avait été placé en détention provisoire pendant un an, avant d'être mis sous contrôle judiciaire à l'été 2024.
La question de l'intention au cœur du verdict
Le deuxième et dernier jour du procès devait se tenir ce mardi 2 juin. La Cour d'assises des Landes doit trancher la question centrale : l'accusé avait-il ou non l'intention de tuer le gérant de la cabane à huîtres d'Hossegor ? Le trentenaire encourt jusqu'à 30 ans de réclusion criminelle.
Source: Google News FR — Crime (fr)