HSBC Private Bank Suisse inculpée en France pour blanchiment dans l'affaire Salamé

La banque genevoise a été mise en examen le 6 juin pour avoir aidé l'ex-gouverneur de la Banque du Liban à détourner 330 millions de dollars. Une caution de 80 millions d'euros a été imposée.

HSBC Private Bank Suisse inculpée en France pour blanchiment dans l'affaire Salamé

HSBC Private Bank Suisse inculpée en France pour blanchiment dans l'affaire Riad Salamé

La justice française a mis en examen HSBC Private Bank Suisse le 6 juin dans le cadre de l'affaire des biens mal acquis présumés de Riad Salamé, l'ancien gouverneur de la Banque du Liban, selon Le Temps, qui cite le quotidien Le Monde.

L'établissement genevois est soupçonné d'avoir facilité le détournement et la dissimulation de 330 millions de dollars de la banque centrale libanaise entre 2002 et 2015. La filiale suisse du groupe bancaire britannique fait face à des poursuites pour blanchiment en bande organisée et association de malfaiteurs. Elle a été contrainte de verser une caution de 80 millions d'euros, en garantie d'éventuels dommages et intérêts.

Un mécanisme offshore au cœur du dossier

Les fonds détournés proviendraient de commissions versées par des banques libanaises privées lors de l'acquisition de produits financiers émis par la Banque du Liban. L'institution centrale reversait ensuite ces sommes à une société offshore présentée comme un courtier indépendant, laquelle détenait un compte en dollars auprès de HSBC Private Bank Suisse.

Le nœud du dossier réside dans un conflit d'intérêts dissimulé : au moment de signer le contrat entre la Banque du Liban et cette société offshore, Riad Salamé n'aurait pas déclaré que l'entité appartenait à son frère, Raja Salamé.

Affaire tentaculaire à dimension européenne

L'affaire Riad Salamé, instruite par plusieurs juridictions européennes en parallèle, porte sur des soupçons d'enrichissement illicite à grande échelle au détriment des finances publiques libanaises. L'ex-gouverneur, qui a dirigé la Banque du Liban pendant près de trois décennies avant de quitter ses fonctions en 2023, fait l'objet de procédures judiciaires dans plusieurs pays.

La mise en examen de la banque genevoise constitue une étape significative dans le volet français de cette instruction, qui cible désormais également un établissement financier de premier plan pour son rôle présumé de facilitateur.

Source: Le Temps