Tribunal de Nantes : une victime de pédocriminalité dénonce l'indifférence du système judiciaire

Lundi 22 juin 2026, le procureur et le président du tribunal judiciaire de Nantes ont organisé une réunion publique pour répondre aux interrogations sur la pédocriminalité, suite aux révélations de l'affaire Lyhanna.

Tribunal de Nantes : une victime de pédocriminalité dénonce l'indifférence du système judiciaire

Tribunal de Nantes : une victime de pédocriminalité dénonce l'indifférence du système judiciaire

Le 22 juin 2026, une centaine de personnes se sont réunies à Nantes à l'initiative du parquet et du président du tribunal judiciaire. L'objectif : échanger sur la manière dont les affaires de pédocriminalité sont traitées. Cette rencontre publique coïncidait avec la publication du rapport d'inspection sur l'affaire Lyhanna.

Le procureur Antoine Leroy a précisé d'emblée que cette démarche visait à "répondre aux questions et non à se justifier". Depuis une décennie, les signalements pour agressions sexuelles ont crû de 40% au niveau du commissariat nantais.

Plusieurs témoignages ont marqué les esprits. Fabrice, âgé de 62 ans, a raconté avoir été amnésique pendant un demi-siècle concernant les violences subies durant son enfance. Un coup de fil reçu il y a quinze jours, à la suite des révélations médiatiques sur Lyhanna, lui a permis de briser ce silence. "Merci Lyhanna, c'est triste de dire ça. C'est abominable, tout le monde s'en fout !", a-t-il déclaré avec colère.

Karine, une autre personne présente, a évoqué les violences subies par sa fille au sein de la famille, à Nantes. Elle a dénoncé les délais d'enquête qui, selon elle, ont permis que son fils soit également victime d'abus par la suite.

Les participants ont soulevé de nombreuses interrogations : la durée des procédures, le fait que le doute profite systématiquement à l'accusé, ou encore l'absence de continuité dans l'audition des victimes et des suspects par les mêmes enquêteurs.

Le magistrat a qualifié l'affaire Lyhanna de "bascule" dans la prise en compte de ces crimes. Face aux sceptiques qui craignaient que l'émotion retombe, il a répondu par la négative.

Eric Kuhn, porte-parole du collectif Enfantistes, a réclamé des moyens supplémentaires pour la police, la justice, l'aide sociale à l'enfance et le secteur hospitalier. De son côté, Anaïs Zerri, vice-procureure et représentante du syndicat de la magistrature, a souligné les carences budgétaires : "Le problème majeur, ce sont les moyens d'enquête. On part de très loin dans le budget de la justice."

Source : ici.fr

Source: Google News FR — Crime (fr)