Menace masculiniste en France : un lycéen de 18 ans arrêté près de Saint-Étienne

Un jeune homme de 18 ans a été arrêté près de Saint-Étienne en juillet 2025, armé de deux couteaux, avant d'attaquer des lycéennes. Il se revendique du masculinisme.

Menace masculiniste en France : un lycéen de 18 ans arrêté près de Saint-Étienne

Un lycéen armé arrêté près de Saint-Étienne, mis en examen pour terrorisme

En juillet 2025, un jeune homme de 18 ans a été interpellé aux abords de son lycée, près de Saint-Étienne, alors qu'il transportait deux couteaux dans son sac à dos. Sa cible déclarée : des jeunes femmes. Selon franceinfo - Justice, il a été arrêté avant de pouvoir passer à l'acte et placé en examen pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle ».

Lors de son interrogatoire, le mis en cause s'est revendiqué d'une mouvance masculiniste, un courant qui soutient que les hommes seraient aujourd'hui menacés par les avancées du féminisme.

Qu'est-ce que le masculinisme ?

Le masculinisme regroupe des individus — majoritairement des hommes jeunes — qui estiment que la société favorise désormais les femmes au détriment des hommes. Ce courant, diffus et hétérogène, se développe largement en ligne, via des forums, des vidéos et des réseaux sociaux. Certains de ses adeptes prônent un simple repli identitaire masculin ; d'autres versent dans une rhétorique ouvertement hostile envers les femmes.

À l'échelle internationale, ce mouvement est parfois désigné sous le terme de « manosphère », un ensemble de communautés numériques qui partagent une vision réactionnaire des rapports entre les sexes. Des figures comme les « incels » — contraction de « involuntary celibates », soit des hommes se définissant comme involontairement célibataires — en constituent l'une des branches les plus radicalisées.

Des précédents meurtriers à l'étranger

Ce type de passage à l'acte n'est pas inédit. Des attaques motivées par une idéologie masculiniste ont déjà été recensées au Canada, aux États-Unis ou encore au Royaume-Uni. En 2018, un homme a tué dix personnes à Toronto en se revendiquant explicitement de la communauté incel. Ces actes sont depuis lors analysés par plusieurs services de renseignement occidentaux comme une forme émergente de terrorisme à caractère idéologique.

En France, l'affaire de Saint-Étienne constitue l'une des premières mises en examen formelles sous une qualification terroriste liée à cette mouvance. La qualification retenue — « association de malfaiteurs terroriste criminelle » — signifie que les enquêteurs ont établi l'existence d'un projet délibéré, idéologiquement motivé, visant un groupe de personnes en raison de leur genre.

Une radicalisation qui inquiète les autorités

Les services spécialisés dans la prévention de la radicalisation s'intéressent depuis plusieurs années aux dynamiques masculinistes en ligne. La frontière entre un discours de ressentiment et un projet violent reste difficile à tracer, ce qui complique la détection précoce de ces profils.

Le cas du lycéen interpellé près de Saint-Étienne illustre cette difficulté : âgé de 18 ans, sans antécédents judiciaires connus, il avait apparemment radicalisé ses convictions au contact de contenus diffusés sur internet avant de planifier son passage à l'acte.

L'instruction judiciaire est en cours. La qualification terroriste, si elle est maintenue au terme de l'enquête, pourrait ouvrir la voie à des poursuites devant le parquet national antiterroriste.

Source: franceinfo - Justice