Trafic de faux papiers sur Telegram : un couple interpellé à Béziers
Des faussaires opérant depuis l'Hérault vendaient des documents falsifiés via une messagerie chiffrée.

Trafic de faux papiers sur Telegram : un couple interpellé à Béziers
Pour 350 euros, il était possible de se procurer une contrefaçon de carte d'identité française. Le document n'avait rien d'une imitation grossière : un couple installé dans l'Hérault a écoulé ses productions pendant des mois depuis son domicile biterrois, en utilisant Telegram comme vitrine.
Les enquêteurs de l'OLTIM, l'office spécialisé dans la lutte contre le trafic illicite de migrants, ont repéré le canal de vente. Leur groupe cyber a remonté la piste numérique jusqu'aux deux suspects. Le 16 juin, une intervention policière a eu lieu dans leur appartement. Les deux individus ont été placés en détention provisoire avant d'être présentés à un juge. Les autorités ont ensuite communiqué la grille tarifaire appliquée sur le canal.
Les détails de l'affaire ont été rapportés par Siècle Digital. Outre les cartes d'identité, les faussaires proposaient des permis de conduire contrefaits pour 300 euros. D'autres services illégaux étaient également mentionnés, sans que leur contenu exact soit dévoilé.
Le choix de Telegram n'est pas fortuit. Le chiffrement intégral des conversations et l'absence de surveillance active en font un terrain favorable aux transactions illicites. Les clients entraient en contact direct avec les vendeurs au sein d'échanges privés, à l'écart de toute interception.
D'autres filières du même type ont été démantelées en début d'année par l'OLTIM et les services des Douanes. Ces réseaux exigeaient des règlements en cryptomonnaies, supprimant ainsi toute trace bancaire. Un journal parisien avait déjà exposé cette méthode dans une précédente enquête.
Le mécanisme se reproduit de manière identique : un canal public sert d'appel d'offres, une conversation sécurisée permet de conclure l'accord, le paiement s'effectue de façon occulte, et le faux document est ensuite expédié par courrier ou remis directement.
Le fait de posséder un faux titre officiel expose à une peine de trois ans d'incarcération et à une amende de 45 000 euros. La fraude lors de l'examen du permis de conduire est également réprimée par une peine identique et une sanction pécuniaire de 9 000 euros.
L'effectivité de ces répressions suppose cependant que les acquéreurs soient retrouvés, ce qui s'avère délicat lorsque les échanges sont protégés par un chiffrement et que les règlements passent par des monnaies numériques.
Source: Google News MA — Crime (fr)