Procès Rima Hassan pour apologie du terrorisme reporté au 19 octobre
Le tribunal correctionnel de Paris a renvoyé au 19 octobre le procès de l'eurodéputée LFI Rima Hassan, poursuivie pour un post sur X évoquant un auteur de l'attentat de Tel-Aviv en 1972.

Renvoi du procès de Rima Hassan : l'audience fixée aux 19 et 20 octobre
Le procès de l'eurodéputée La France insoumise Rima Hassan, attendu ce mardi 7 juillet devant le tribunal correctionnel de Paris, a été renvoyé sur demande de la défense, rapporte bfmtv.com. L'audience se tiendra désormais les 19 et 20 octobre, au grand dam du ministère public et des parties civiles.
L'élue franco-palestinienne, entrée au Parlement européen en 2024, est poursuivie pour apologie du terrorisme. La justice lui reproche un post publié fin mars sur son compte X dans lequel elle mentionnait Kōzō Okamoto, ressortissant japonais et l'un des auteurs de l'attaque perpétrée à l'aéroport de Tel-Aviv en 1972, qui avait coûté la vie à 26 personnes. Ce tweet a depuis été supprimé.
Le signalement avait été adressé au parquet par le ministre de l'Intérieur, puis par l'Organisation juive européenne (OJE) et la Licra.
Demande de renvoi contre l'avis du parquet
À l'ouverture de l'audience, l'avocat de Rima Hassan, Me Vincent Brengarth, a demandé le renvoi du dossier, dénonçant « un déferlement de constitutions de parties civiles (…) qui produisent des arguments, qui produisent des pièces nouvelles dans le but d'obtenir la condamnation de Rima Hassan ». Le ministère public et les avocats de la dizaine de parties civiles se sont opposés à cette demande. Rima Hassan a quitté le tribunal sans faire de déclaration.
Plusieurs centaines de manifestants devant le palais de justice
À la mi-journée, des centaines de personnes s'étaient rassemblées sur le parvis du tribunal pour soutenir l'eurodéputée. Parmi elles figuraient plusieurs députés LFI, le leader du mouvement Jean-Luc Mélenchon et le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko.
Devant la foule brandissant drapeaux palestiniens et pancartes à son effigie, Rima Hassan a dénoncé la « répression » que subissent selon elle les défenseurs de la cause palestinienne et a appelé « à faire bloc », « pour la démocratie, pour l'État de droit et pour la liberté d'expression ».
Parmi les soutiens présents, une architecte de 63 ans, prénommée Brigitte, a indiqué s'être déplacée pour « soutenir une femme courageuse et travailleuse » et protester contre « ces anathèmes qui essayent de flinguer la gauche ».
Plus de 200 personnalités avaient par ailleurs signé dimanche une tribune publiée dans L'Humanité en soutien à l'eurodéputée, dont la Prix Nobel de littérature Annie Ernaux et l'ancienne ministre Christiane Taubira.
Contexte : garde à vue et affaire de stupéfiants
La garde à vue de Rima Hassan le 2 avril avait provoqué une vive polémique politique et médiatique. Me Brengarth avait qualifié cette mesure de « parfaitement illégale », estimant qu'elle visait à « contourner » l'immunité parlementaire de son client via « un dévoiement de la procédure en flagrance ». Des informations parues dans la presse faisaient état de la découverte de drogues de synthèse dans son sac, mais l'enquête sur une éventuelle détention de stupéfiants a par la suite démenti ces allégations. L'élue a déposé plainte pour violation du secret de l'enquête.
Rima Hassan est par ailleurs convoquée le 16 septembre dans le cadre de deux autres procédures, pour « apologie publique de crime ou délit » et « provocation publique et directe non suivie d'effet à commettre un crime ou un délit ».
Source: Le Monde - Justice