Mort d'un pompier volontaire dans les Landes : le syndicat porte plainte pour homicide involontaire contre le Sdis
Un pompier volontaire est décédé le 10 avril lors d'un entraînement individuel à Saint-Sever. Son syndicat attaque le Sdis des Landes en justice.

Plainte pour homicide involontaire après la mort d'un pompier lors d'un exercice dans les Landes
Le syndicat des pompiers volontaires a annoncé mardi 19 mai déposer une plainte pour homicide involontaire contre le Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) des Landes, selon France Info. Le dépôt de plainte fait suite au décès d'un pompier volontaire survenu le 10 avril à Saint-Sever, lors d'un exercice physique individuel. Le syndicat réclame l'ouverture d'une enquête pour établir les responsabilités du Sdis.
Un dispositif d'aptitude jugé dangereux
Au cœur de la contestation se trouve le dispositif d'évaluation physique mis en place dans le département des Landes. Les sapeurs-pompiers, volontaires comme professionnels, doivent y passer des tests destinés à mesurer leur condition physique. Mais contrairement à d'autres Sdis qui proposent un suivi des aptitudes, celui des Landes conditionne le maintien en activité du pompier aux résultats obtenus.
Cette règle découle d'une note de service signée par le directeur départemental "en début d'année", précise Bruno Ménard, secrétaire général du syndicat des pompiers volontaires, dans des déclarations rapportées par France Info. Or, les pompiers volontaires ne bénéficient pas du même encadrement que leurs collègues professionnels, lesquels "disposent d'un suivi médical adapté et d'entraînements pendant leurs heures de garde", souligne le syndicat.
Des volontaires livrés à eux-mêmes
Cette organisation contraint selon le syndicat les agents à "s'entraîner de manière autonome, en dehors de tout encadrement structuré", par crainte d'être radiés. Ils se trouvent ainsi "exposés à des risques physiques importants sans encadrement proportionné", dénonce le syndicat, qui invoque une mise en danger de la vie d'autrui.
Bruno Ménard pointe une inégalité de traitement concrète : les pompiers professionnels "peuvent s'entraîner pendant les temps de garde. Ils ont des secouristes autour d'eux. S'il y a un problème, ils ont des défibrillateurs." Aux pompiers volontaires, en revanche, on dit "débrouillez-vous de votre côté, vous devez être opérationnel le jour", fustige-t-il.
Le Sdis nie toute responsabilité
Le Sdis des Landes refuse d'endosser la responsabilité du décès, estimant que le pompier est mort "sur son temps personnel". Une position que le syndicat conteste fermement. "On a un gars qui a donné des dizaines d'années de sa vie pour les pompiers, on lui dit de s'entraîner de son côté. Il fait un arrêt cardiaque, il meurt, il laisse deux enfants et une femme, mais on lui dit qu'il est parti seul s'entraîner et que ce n'est pas de la responsabilité des pompiers", déclare Bruno Ménard.
Un second accident quelques semaines plus tard
Le 3 mai, soit moins d'un mois après le drame, un autre pompier volontaire du département des Landes a survécu à un accident cardiaque, lui aussi survenu lors d'une activité physique liée à sa préparation opérationnelle. Le Sdis des Landes n'a pas répondu aux sollicitations des journalistes.
Source: France Info