Paris : une plaignante dénonce des viols d'enfance impliquant des figures de l'intelligentsia

Une femme de 52 ans accuse son père adoptif et des proches de violences sexuelles sur mineure, dont un écrivain controversé. Une information judiciaire est en cours.

Paris : une plaignante dénonce des viols d'enfance impliquant des figures de l'intelligentsia

Paris : une plaignante dénonce des viols d'enfance impliquant des figures de l'intelligentsia

Une femme de 52 ans a saisi la justice fin 2023 pour dénoncer des agressions sexuelles qu'elle affirme avoir endurées durant son enfance, entre l'âge de 4 et 13 ans. Les faits se seraient déroulés dans un appartement situé dans une artère du 7ᵉ arrondissement de la capitale, où elle vivait avec son frère sous la responsabilité d'une nourrice.

La plaignante, qui a grandi au sein d'un foyer adoptif, désigne son père adoptif comme l'un des principaux auteurs des violences. Elle mentionne également la participation de connaissances de ce dernier, parmi lesquels figurent des noms connus des milieux littéraires et médiatiques. L'un d'eux est un essayiste reconnu pour ses écrits relatifs à l'attrait pour la jeunesse. Un autre est un juriste ayant exercé des responsabilités au sein d'un ordre professionnel.

Selon le récit qu'elle a livré dans un reportage de France Culture, l'appartement familial n'était fréquenté que par son père adoptif et ses relations masculines. Sa mère adoptive, issue d'une famille provinciale aisée, n'y serait jamais venue. La plaignante évoque un climat où elle et son frère étaient livrés à ces hommes.

Le déclencheur de sa démarche judiciaire a été la publication d'un ouvrage médiatique sur l'inceste. Elle a alors enregistré des conversations avec son père adoptif, où celui-ci aurait justifié ses agissements en évoquant une fascination pour l'innocence infantile. Elle emploie le terme de "jeux" pour qualifier ce qu'elle a subi, admettant que ce vocable ne reflète pas la réalité des actes.

Les investigations, menées par les services spécialisés dans la protection des mineurs, poursuivent plusieurs objectifs. Outre l'identification d'autres victimes potentielles, elles visent à éclaircir les circonstances de son adoption, qu'elle soupçonne d'avoir été entachée d'irrégularités. L'organisme chargé de cette procédure a cessé toute activité en 2025.

Les personnes visées par les accusations ont toutes réfuté les faits. L'essayiste a qualifié le récit d'invraisemblable. Le juriste a été blanchi par une instance disciplinaire de sa profession. Aucune action en diffamation n'a été engagée contre la plaignante à ce jour. L'enquête se poursuit.

Source: Radio France - Justice