Salah Abdeslam : le tribunal valide le maintien des parloirs sous hygiaphone

Le juge des référés de Lille a rejeté la demande du terroriste condamné, invoquant de récents éléments de dangerosité.

Salah Abdeslam : le tribunal valide le maintien des parloirs sous hygiaphone

Salah Abdeslam : le tribunal valide le maintien des parloirs sous hygiaphone

Le tribunal administratif de Lille a rendu le 10 juin une ordonnance confirmant les mesures restrictives appliquées aux visites de Salah Abdeslam. Le magistrat a écarté la requête du prisonnier qui souhaitait la fin du système de séparation par vitre lors de ses entretiens.

Cette décision judiciaire repose sur des informations récentes transmises par les autorités carcérales. D'après le compte-rendu publié par franceinfo, le condamné aurait demandé à un codétenu isolé, le 4 avril, de lui fournir l'adresse du responsable de l'établissement pénitentiaire de Vendin-le-Vieil, dans le Pas-de-Calais. Il aurait évoqué l'envoi de plusieurs individus pour provoquer un événement grave, en indiquant ne pas souhaiter patienter jusqu'en 2086.

Des visiteuses, parmi lesquelles figure la mère du détenu, auraient également cherché à lui transmettre divers articles prohibés : denrées alimentaires, fragrance, essence aromatique et un outil de massage en matière synthétique. Dans ses conclusions, le ministère de la Justice estime que ces incidents révèlent une menace continue de la part du condamné et une complicité de ses proches pour enfreindre le règlement intérieur.

Le conseil du prisonnier, Benoît David, a contesté avec force ces allégations durant la procédure. Il a qualifié les déclarations attribuées à son client d'incontrôlables et a dénoncé une exploitation stratégique des faits par la direction de la prison. Il a également rappelé la situation d'isolement prolongé de Salah Abdeslam, enfermé seul pendant vingt-trois heures quotidiennes depuis dix ans, et a affirmé que les visites sans barrière matérielle constituent son seul lien physique avec l'extérieur.

Cette décision marque un revirement par rapport à la position du tribunal au début du printemps. Début avril, la juridiction avait en effet imposé à l'État d'alléger les conditions de parloir, assortissant cette injonction d'une pénalité journalière de cent euros. Cette astreinte a été levée le 20 mai à la suite des révélations ultérieures. Dernier membre encore en vie du groupe ayant frappé Paris le 13 novembre 2015, Salah Abdeslam écope d'une peine d'emprisonnement à vie.

Source: France Info