Affaire Lyhanna : le ministre de la Justice annonce des mesures après des défaillances judiciaires

Des dysfonctionnements dans le traitement d'une plainte pour viols sur mineure dans le Gers ont conduit à des sanctions contre des gendarmes et une enquête sur une magistrate.

Affaire Lyhanna : le ministre de la Justice annonce des mesures après des défaillances judiciaires

Affaire Lyhanna : le ministre de la Justice annonce des mesures après des défaillances judiciaires

Le 23 juin, Gérald Darmanin a présenté les conclusions d'une mission d'inspection consacrée à la disparition de Lyhanna, dans le Gers. Le rapport met en évidence des carences majeures dans la gestion d'une plainte pour agressions sexuelles sur une adolescente, déposée en août 2025.

Selon le document, la plainte aurait dû être traitée en urgence. Elle a en réalité été gérée comme un dossier classique. Pendant plusieurs mois, aucune avancée n'a été enregistrée dans l'enquête, alors que la victime signalait des dizaines de viols. Ces retards ont privé la jeune fille de toute protection effective.

Face à ces constats, le garde des Sceaux a annoncé plusieurs décisions : la mutation forcée de deux militaires de la gendarmerie et une procédure administrative à l'encontre d'une substitut du parquet d'Auch. Il a également saisi l'inspection générale de la gendarmerie pour qu'elle examine le rôle de chaque acteur.

Le ministre a affirmé qu'en démocratie, interroger la responsabilité des juges et magistrats est une démarche légitime. Il a toutefois tenu à ne pas cibler personnellement la substitut, tout en précisant que des manquements professionnels justifieraient des sanctions.

Ces prises de position ont irrité le Syndicat de la magistrature. Sa dirigeante, Justine Probst, a qualifié l'intervention de manoeuvre médiatique. Darmanin a répliqué en défendant son analyse, estimant que la responsabilité des magistrats était indéniable dans cette affaire.

Sur le terrain politique, des voix à gauche comme à l'extrême droite exigent son départ. Le ministre a répondu en détaillant les actions entreprises : directives envoyées, classement prioritaire des dossiers sensibles, et renforcement des équipes à Toulouse et Auch. Il a enfin écarté toute modification de la loi Taubira de 2013, qui empêche le pouvoir exécutif d'intervenir dans des affaires individuelles, arguant que cela préserve l'autonomie du parquet.

Source : franceinfo

Source: France Info