Meurtre de Liana, 11 ans : le ministre français de la Justice refuse de démissionner

Le ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, a rejeté toute idée de démission suite au scandale entourant le meurtre présumé d'une fillette de 11 ans par un homme déjà signalé pour des viols.

Meurtre de Liana, 11 ans : le ministre français de la Justice refuse de démissionner

Meurtre de Liana, 11 ans : le ministre français de la Justice refuse de démissionner

Sous la pression du scandale lié au meurtre présumé d'une enfant de 11 ans par un homme déjà visé par une série de signalements pour viols, le ministre français de la Justice Gérald Darmanin a rejeté toute possibilité de démission, malgré les accusations d'« abandon » de la part de la justice, selon l'Εφημερίδα των Συντακτών.

« Nous n'avons manqué ni de moyens ni de lois, nous n'avons pas réussi à donner la priorité aux viols d'enfants », a souligné le ministre lors d'une interview après une réunion avec les procureurs généraux, à qui il a demandé de « reprendre toutes les plaintes concernant des enfants » en France, au nombre d'environ 70 000.

Ces déclarations interviennent à la veille d'une marche à la mémoire de Liana, 11 ans, retrouvée morte jeudi dernier. Des organisations féministes et de protection de l'enfance appellent à des rassemblements devant les tribunaux ce soir à 19h00.

La plainte qui a déclenché les vives critiques avait été déposée le 22 août 2025 par la mère d'une fillette de 11 ans, pour des viols commis entre septembre 2024 et mai 2025 dans la maison de Jérôme M. B., suspecté d'avoir enlevé Liana. Après des examens médico-légaux confirmant les déclarations de la petite fille, le parquet de Toulouse a transmis le dossier à un autre parquet.

Ce dossier, envoyé par la poste fin 2025, n'a été reçu par le service de la gendarmerie chargé de l'enquête que le 9 janvier 2026. « S'il faut neuf mois pour ne pas placer quelqu'un en détention ou pour ne pas entendre cette personne, j'en conclus que notre système de justice publique est défaillant », a commenté M. Darmanin.

Aggravant encore une situation déjà tendue, le frère du principal suspect dans l'affaire de Liana, Jérôme M. B., a été placé en garde à vue aujourd'hui dans le cadre d'une enquête pour viol sur mineur, détention illégale et menaces.

Il est « inacceptable » que des magistrats « soient considérés comme responsables et fassent l'objet de vindicte et de menaces » avant la fin de l'enquête administrative, a déclaré aujourd'hui en colère Ludovic Friat, président du Syndicat de la Magistrature.

Les juges du tribunal de Bobigny (région parisienne) ont dénoncé cet après-midi l'« hypocrisie » du ministre concernant la gestion des affaires liées à la violence contre les enfants et l'« aveuglement » des autorités publiques face à « l'abandon des services de protection de l'enfance ».

Bien que le budget de la Justice ait augmenté ces dernières années, cela ne compense pas un retard structurel, selon Frédéric Sévallié, président de l'Union Nationale des Magistrats : la France compte trois procureurs pour 100 000 habitants, contre une moyenne de 12,2 en Europe.

L'épreuve est difficile pour Gérald Darmanin, pilier du gouvernement et membre le plus populaire, ce qui lui aurait permis de nourrir des ambitions pour la présidentielle de 2027. Attaqué par les partis d'opposition, il a rejeté l'idée de démissionner car « ces insuffisances n'ont rien à voir avec les orientations données par le ministère ».

La présidente de l'Assemblée nationale française Yaël Braun-Pivet a demandé l'inscription à l'ordre du jour de l'assemblée d'un projet de loi sur les violences sexistes et sexuelles, soutenu par environ cent députés.

« Toutes les trois minutes, un enfant est victime de violences sexuelles. Une femme sur deux a déjà subi des violences sexuelles au cours de sa vie. Seulement 1% des viols et 1% des affaires d'inceste aboutissent à une condamnation », a rappelé la députée socialiste Céline Timbé-Martinez, rapporteuse du texte.

Source: Efimerida ton Syntakton