Reconstitution du meurtre de Philippine au bois de Boulogne, deux ans après

Une reconstitution judiciaire du meurtre de Philippine, 19 ans, s'est tenue lundi au bois de Boulogne en présence du suspect Taha O., mis en examen pour meurtre et viol en récidive.

Reconstitution judiciaire au bois de Boulogne dans l'affaire Philippine

Selon information.tv5monde.com, une reconstitution judiciaire s'est déroulée lundi au bois de Boulogne dans le cadre du meurtre de Philippine, étudiante de 19 ans dont le corps avait été découvert enterré dans ce bois en 2024. Le suspect, Taha O., était présent lors de cette opération.

À la mi-journée, la police judiciaire est arrivée à l'entrée du bois, près de la porte Dauphine (ouest), selon des journalistes de l'AFP sur place. Les forces de l'ordre quadrillaient les alentours. En début de soirée, la reconstitution était toujours en cours ; le suspect a fourni des indications sur le déroulé des faits, a précisé une source proche du dossier à l'AFP.

Taha O., ressortissant marocain alors âgé de 22 ans, a été mis en examen en novembre 2024 pour meurtre et viol en récidive, infractions qui lui font encourir la réclusion criminelle à perpétuité. Il était sous le coup d'une obligation de quitter le territoire (OQTF) et venait de sortir de rétention au moment des faits.

L'autopsie avait révélé, peu après le drame, « des lésions aux niveaux vulvaire et anal » et de l'ADN avait été retrouvé, selon une autre source proche du dossier. Le suspect avait fui en Suisse le lendemain des faits avant d'y être arrêté le 24 septembre 2024, puis extradé vers la France.

Taha O. avait déjà été condamné en 2021 pour viol, puis libéré en juin 2024 « en fin de peine », selon le parquet de Paris. Il avait ensuite été placé en centre de rétention administrative. À sa sortie, il avait été assigné à résidence dans un hôtel de l'Yonne où il ne s'est jamais présenté. N'ayant pas respecté son obligation de pointer, il avait été inscrit au fichier des personnes recherchées la veille du meurtre.

Le crime avait provoqué un vif émoi national. Emmanuel Macron avait exprimé « l'émotion de toute la Nation » face à ce qu'il qualifiait de « crime odieux ». L'affaire avait également déclenché un débat public intense sur la gestion des étrangers en situation irrégulière jugés dangereux.

Le Parlement a entériné mi-juin l'allongement de la durée de rétention administrative pour cette catégorie de personnes, une mesure présentée à droite et au centre comme une réponse directe au meurtre de Philippine, mais critiquée à gauche. Bruno Retailleau, alors ministre de l'Intérieur, avait exhorté à « faire évoluer (l') arsenal juridique ».

Dans une lettre adressée le 29 septembre 2024 à l'AFP, une précédente victime de Taha O. avait pris la parole pour nuancer les termes du débat et demandé le « lancement d'une commission d'enquête » sur la question de « la récidive des crimes sexistes et sexuels ».

Source: Google News MA — Crime (fr)