Meurtre de Thomas à Crépol : onze accusés renvoyés aux assises avec circonstance raciste

Onze jeunes hommes seront jugés aux assises pour le meurtre de Thomas Perotto, 16 ans, tué à Crépol en 2023, avec circonstance aggravante de racisme.

Onze accusés devant les assises pour le meurtre de Thomas Perotto

Près de trois ans après la mort de Thomas Perotto, 16 ans, poignardé lors d'un bal d'hiver à Crépol (Drôme) dans la nuit du 18 au 19 novembre 2023, la justice française franchit une nouvelle étape. Selon 7sur7 Faits Divers, les juges d'instruction viennent de rendre leur ordonnance de mise en accusation, dernière étape procédurale avant le procès aux assises.

L'ordonnance, consultée par BFMTV, enjoint aux onze accusés de répondre du meurtre volontaire de Thomas Perotto et des tentatives de meurtre sur trois autres victimes. La circonstance aggravante retenue : des propos tenus contre "la race blanche et la nation française".

La perpétuité désormais encourue

Cette qualification aggravée a des conséquences directes sur les peines encourues. Sans cette circonstance, les accusés risquaient trente ans de réclusion. Avec elle, ils s'exposent désormais à la réclusion à perpétuité, comme l'a souligné Me Denis Dreyfus, avocat d'une quarantaine de parties civiles, auprès de BFMTV.

"On est satisfaits. Sur le plan juridique, c'est ce que nous avions développé", a déclaré Me Dreyfus.

Les juges ont ainsi suivi les conclusions de certains avocats de parties civiles, qui réclamaient cette qualification, et écarté les arguments contraires de la défense et du parquet de Valence.

La "loi du silence" au cœur de l'instruction

L'enquête n'a pas permis de déterminer qui a porté le coup fatal à Thomas Perotto, ni de préciser les responsabilités individuelles dans les tentatives d'homicide. Les magistrats le mentionnent explicitement dans leur ordonnance : "La 'loi du silence' respectée par les mis en examen n'a pas aidé à la manifestation de la vérité."

Pour contourner cette difficulté, les juges ont retenu la notion juridique de "scène unique de violence", qui permet d'imputer collectivement le meurtre et les tentatives de meurtre à l'ensemble des accusés, sans qu'il soit nécessaire d'établir qui a porté quel coup.

Trois non-lieux partiels ou totaux

Sur les quatorze personnes mises en examen au cours de l'instruction pour "meurtre" et "tentatives de meurtre en bande organisée", trois ont bénéficié d'un non-lieu total ou partiel, les charges retenues à leur encontre étant jugées insuffisantes. L'une d'elles sera néanmoins renvoyée en correctionnelle pour "violences volontaires" et "port d'arme".

Source: 7sur7 Faits Divers

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