Assises du Var : réclusion à vie demandée dans un règlement de comptes mortel à Toulon
Quatre hommes comparaissent à la cour d'assises spéciale du Var pour le meurtre d'Helvin Saoula, tué par arme à feu en 2018 dans le quartier de Guynemer. Le ministère public a requis des peines allant de douze ans à la perpétuité.

Assises du Var : réclusion à vie demandée dans un règlement de comptes mortel à Toulon
La cour d'assises spéciale du Var juge depuis plusieurs jours quatre individus impliqués dans un homicide commis le 12 mars 2018 à Toulon. Helvin Saoula, âgé de 21 ans, a succombé à un tir de fusil à pompe dans le dos alors qu'il se trouvait avec deux connaissances au pied d'un bâtiment de la cité Guynemer. Ses accompagnateurs ont réussi à s'enfuir, blessés mais vivants.
Rida Tarrifou, surnommé « Démon », Sofian Hoarau, James Fourez et Louis Cornu sont poursuivis pour homicide et tentatives d'homicide en groupe structuré. Durant l'instruction, chacun avait nié toute participation. Puis, au cours des audiences de la semaine passée, trois prévenus — Hoarau, Fourez et Cornu — ont admis leur présence sur les lieux au moment des faits.
Le mobile évoqué par le parquet repose sur une altercation physique antérieure. L'avocate générale Amandine Sbragi a expliqué que Tarrifou aurait subi une gifle dans un contexte encore mal défini, puis aurait mobilisé ses complices pour « laver l'affront ». Selon ses réquisitions, Fourez aurait conduit une Clio dérobée, sur proposition de Hoarau, en sachant que l'objectif était d'ouvrir le feu.
Les rapports d'experts font état de cinq détonations, toutes issues d'une seule et même arme. Deux projectiles ont été tirés à l'air libre, trois à l'intérieur d'un hall d'immeuble, à proximité immédiate de la cible. « Le tireur ne pouvait ignorer qu'il visait la victime », a affirmé la représentante du ministère public, ajoutant que l'intention de tuer était « collective » au regard de la coordination observée.
L'usage d'un véhicule subtilisé, la distribution des rôles au sein du groupe et le prélèvement d'armes chez une personne servant de cache auraient, selon elle, établi le caractère organisé de l'expédition punitive.
Les réquisitions prononcées par l'avocate générale se décomposent ainsi : douze ans de prison pour Cornu et Fourez, ce dernier devant en outre respecter un suivi socio-judiciaire de cinq ans ; trente ans de réclusion avec une période de sûreté des deux tiers pour Tarrifou ; et enfin l'emprisonnement à vie assorti d'une sûreté de vingt-deux ans pour Hoarau.
Les avocats de la défense ont contesté la qualification de groupe organisé. Me Patrick Giovannangeli, conseil de Hoarau, a soutenu qu'aucune planification n'avait précédé les faits. « La voiture et les armes étaient déjà accessibles. Personne n'a eu besoin de repérer le secteur, il le maîtrisait parfaitement. Aucune concertation n'a eu lieu », a-t-il plaidé. Les défenseurs de Fourez et Cornu ont avancé un argument similaire, assurant que leurs clients ignoraient la teneur exacte de l'opération.
Source : Nice-Matin
Source: Google News FR — Crime (fr)