Affaire Lyhanna : la chaîne de protection a «failli» en France
Une investigation interne dénonce des défaillances critiques dans le suivi judiciaire d'un suspect, finalement soupçonné d'avoir tué deux fillettes.

Affaire Lyhanna : la chaîne de protection a «failli» en France
Des contrôleurs internes de la gendarmerie et de la justice ont rédigé un rapport dévastateur sur les circonstances ayant précédé l'assassinat de Lyhanna, une enfant de onze ans. Le document pointe des carences d'«extrême gravité» dans le traitement des alertes antérieures.
Le chef du gouvernement français, Sébastien Lecornu, a promis que l'État n'éluderait pas ses responsabilités. Les ministres de l'Intérieur et de la Justice ont ordonné des investigations complémentaires et infligé des sanctions : l'officier en charge des investigations a été relevé de ses fonctions actuelles, et la magistrate responsable du dossier a été écartée provisoirement.
L'enquête administrative établit un rapprochement entre le décès de Lyhanna et celui de Rosa, âgée de dix ans. Les enquêteurs pensent qu'un seul et même individu a commis les deux meurtres. Dès l'été 2025, la mère de la seconde victime avait déposé une plainte pénale contre cet homme, l'accusant de dizaines d'agressions sexuelles. Ce signalement n'a pas été classé comme prioritaire, a reconnu Stéphane Noël, directeur de l'audit interne. Le caractère délicat de l'affaire n'a pas été signalé aux instances compétentes, et le dossier n'a pas été acheminé vers le service gendarmique adéquat. De surcroît, le niveau d'urgence n'a pas été évalué correctement, bien que le mis en cause fît déjà l'objet de multiples accusations pour des faits de pédocriminalité.
Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, avait rapidement qualifié les dysfonctionnements de «fautes individuelles» après la découverte du corps de Lyhanna. Cette déclaration avait suscité l'indignation de la magistrature. Malgré les pressions pour qu'il démissionne, le ministre a récusé toute faute de l'exécutif.
Les organisations syndicales des magistrats ont réagi en dénonçant la surcharge des tribunaux et le sous-financement chronique de la justice pénale.
Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, a cherché à rassurer en affirmant sa confiance dans les policiers et les gendarmes. Il a assuré qu'il veillerait à ce que cette affaire ne discrédite pas l'ensemble du travail accompli par ces services.
Sur les réseaux sociaux, le Premier ministre a écrit que la protection des citoyens avait «failli» à cause d'une accumulation de «décisions erronées, d'inactions et de négligences». Il a promis que chaque responsabilité serait établie et que des mesures seraient prises au niveau individuel, tout en appelant à ne pas stigmatiser l'institution dans son ensemble.
Depuis ce drame, des rassemblements ont lieu sur l'ensemble du territoire pour exiger une meilleure prise en charge des victimes de violences sexuelles et sexistes.
Source : SRF
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