Narbonne : la mère d'un suspect du meurtre de Louis témoigne
Une femme dont l'enfant fait partie des cinq mineurs écroués pour l'homicide d'un adolescent de 17 ans à Narbonne a accepté de se confier anonymement.

Narbonne : la mère d'un suspect du meurtre de Louis témoigne
Une femme vivant à Narbonne dont le fils est parmi les cinq mineurs inculpés pour le décès de Louis, adolescent de 17 ans retrouvé mort le 19 juin, a accepté de se confier à la presse. Elle a exigé que son identité reste secrète, redoutant d'autres agressions à son encontre.
Selon ses propos rapportés par L'Indépendant, les échanges avec son garçon, également âgé de 17 ans, s'étaient fortement raréfiés depuis qu'il était retourné habiter chez son père en septembre 2025. Leur dernière rencontre avait eu lieu sept jours avant les faits, quand elle était allée le chercher à la gendarmerie suite à un contrôle d'alcoolémie positif.
Elle ne cherche pas à excuser les actes commis. Les vidéos de l'agression sont, selon elle, accablantes. Pourtant, elle refuse de renier son enfant, tout en admettant qu'elle pourrait ne plus jamais pouvoir le regarder en face. Sa priorité va désormais aux proches de Louis, qu'elle espère pouvoir aider, bien qu'elle sache que ses regrets ne ramèneront pas le jeune homme.
Son vœu le plus cher aurait été de recevoir un appel de son fils ce soir-là, lui permettant d'intervenir et de sauver la vie de la victime.
Elle décrit un adolescent instable, incapable de maîtriser ses réactions, et vivant dans une bulle loin du monde réel. Les multiples placements successifs dans des structures d'hébergement n'ont, selon elle, fait qu'empirer son état. Au moment du passage à l'acte, elle estime qu'il a cherché à impressionner ses complices en jouant les durs.
L'enfant lui avait été arraché à cause des violences subies au sein du couple. Pendant quinze ans, il avait été ballotté entre foyers et familles d'accueil. Elle affirme avoir tenté en vain de récupérer sa garde, mais les services lui opposaient systématiquement un refus.
Elle dénonce par ailleurs l'absence totale d'évaluation psychiatrique pour son fils. Ses demandes en ce sens avaient été rejetées au motif de son jeune âge. Elle dénonce des dysfonctionnements persistants au sein des institutions chargées de sa protection durant toutes ces années. Elle appelle à une enquête approfondie pour éviter que d'autres tragédies ne se reproduisent.
Concernant le suivi éducatif ordonné lors de son retour au domicile paternel, elle dénonce un délai d'intervention inacceptable. Les éducateurs auraient finalement pris contact avec lui le jour même du drame.
Cinq jeunes ont été placés en détention provisoire pour leur participation au guet-apens mortel qui a coûté la vie à Louis dans la nuit du 19 juin à Narbonne.
Source: Google News LU FR