Affaire Lyhanna : les avocates de Barella signalent une fuite au parquet
Les défenseures de Jérôme Barella dénoncent la publication d'extraits de sa garde à vue, couverts par le secret de l'instruction. Elles annoncent un signalement au procureur et n'excluent pas une plainte.

Divulgation de la garde à vue de Barella : ses avocates saisissent le procureur
Quelques heures après la mise en ligne d'extraits des auditions de garde à vue de Jérôme Barella, ses deux avocates ont annoncé un signalement au procureur de la République. Google News LU FR rapporte que Maîtres Sandra Vazquez et Éléonore Paré dénoncent une divulgation illégale de pièces couvertes par le secret de l'instruction dans l'affaire de la disparition et du meurtre de Lyhanna, une collégienne de 11 ans dans le Gers.
Dans un communiqué transmis mercredi soir, les deux conseils du mis en examen de 41 ans, actuellement en détention provisoire, affirment vouloir "réagir avec la plus grande fermeté". Les extraits avaient été publiés par Franceinfo, révélant le contenu des déclarations faites par Barella aux gendarmes fin mai, avant même que le corps de la fillette ne soit retrouvé.
Des propos "tronqués et sortis de leur contexte"
Sur le fond, Maîtres Vazquez et Paré reprochent au média d'avoir livré "des propos tronqués, sortis de leur contexte et présentés comme accablants", avant toute discussion devant une juridiction. Présenter leur client comme responsable de la mort de Lyhanna constitue, selon elles, "un amalgame que l'état de la procédure ne permet pas" et représente "une atteinte grave à sa présomption d'innocence".
À ce stade, Jérôme Barella est mis en examen pour enlèvement, séquestration, meurtre et viol sur mineure de quinze ans.
Un délit passible de trois ans d'emprisonnement
Les deux avocates ne se limitent pas à une mise en garde de principe. Elles qualifient la publication des procès-verbaux d'audition de violation claire du secret de l'enquête et de l'instruction, rappelant que cette divulgation est "punie jusqu'à trois ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende" en vertu des textes relatifs à la violation du secret professionnel et à la divulgation d'informations issues d'une enquête en cours.
Elles indiquent compter "mettre en œuvre l'ensemble des voies de droit" afin d'identifier l'origine de la fuite. En plus du signalement au procureur, elles n'excluent pas le dépôt d'une plainte. "Que quiconque a cru pouvoir instrumentaliser la procédure sache que ce procédé ne restera pas sans suite", préviennent-elles.
La présomption d'innocence réaffirmée
Maîtres Vazquez et Paré concluent leur communiqué par un rappel ferme : leur client "demeure présumé innocent". "Une mise en examen ne vaut pas condamnation", écrivent-elles.
Les deux conseils précisent par ailleurs qu'elles ne commenteront pas le fond du dossier, estimant que celui-ci "a vocation à se débattre devant le juge et non dans la presse", dans le respect, ajoutent-elles, dû à la famille de la victime.
Source: Google News LU FR