Affaire Lyhanna : le tribunal de Bobigny déborde sous 3 000 procédures de violences sexuelles sur mineurs

Le décès de Lyhanna, 5 ans, a mis en exergue les difficultés du tribunal de Bobigny. Celui-ci accumule près de 3 000 affaires de violences sexuelles sur mineurs en souffrance et doit désormais classer les dossiers par ordre de gravité.

Affaire Lyhanna : le tribunal de Bobigny déborde sous 3 000 procédures de violences sexuelles sur mineurs

Affaire Lyhanna : le tribunal de Bobigny déborde sous 3 000 procédures de violences sexuelles sur mineurs

Le décès de Lyhanna, une enfant de cinq ans découverte sans vie début juin à Pantin, a ébranlé l'opinion et mis en exergue les difficultés du tribunal de Bobigny. Cette juridiction est confrontée à un flux de près de 3 000 procédures relatives à des violences sexuelles sur mineurs qui n'ont pas encore été examinées.

Pour faire face à cette accumulation, les magistrats ont adopté une stratégie de tri. Les situations présentant le plus haut niveau de danger sont désormais traitées en premier. Les autres affaires, jugées moins pressantes, suivront selon les capacités disponibles. Cette approche vise à orienter les moyens limités vers les cas les plus alarmants.

Le drame de Pantin a relancé les interrogations sur la protection de l'enfance en France. La fillette avait été remise à sa mère par une décision de justice, en dépit d'alertes antérieures sur d'éventuelles maltraitances. Son décès a suscité une onde de choc et de nombreuses critiques à l'encontre des services chargés de veiller sur les enfants en danger.

Le tribunal de Bobigny illustre une réalité plus large. De nombreuses juridictions hexagonales subissent une hausse continue des signalements de violences sexuelles sur mineurs. L'insuffisance d'effectifs et la complexité des procédures alourdissent les délais. Le temps nécessaire pour instruire ces dossiers s'allonge, ce qui peut compromettre la sécurité des victimes.

Les juges de Bobigny comptent sur cette hiérarchisation pour améliorer la prise en charge des urgences. Ils reconnaissent néanmoins que cette méthode ne règle pas les carences structurelles d'une justice en manque de moyens. Des recrutements supplémentaires et une allègement des procédures apparaissent indispensables pour traiter l'ensemble de ces affaires dans des délais acceptables.

Source : Radio France

Source: Google News FR — Crime (fr)