Affaire Lyhanna : magistrats et gendarmerie épinglés après la mort d'une fillette de 11 ans

En France, suite au décès d'une enfant de 11 ans, les professionnels du tribunal d'Auch dénoncent des pressions publiques, et le chef de la gendarmerie admet des lacunes dans le traitement des affaires de mineurs.

Affaire Lyhanna : magistrats et gendarmerie épinglés après la mort d'une fillette de 11 ans

Affaire Lyhanna : magistrats et gendarmerie épinglés après la mort d'une fillette de 11 ans

Les fonctionnaires et contractuels du tribunal d'Auch (Gers) ont voté une motion critiquant un climat de « vindicte populaire » nourri par des prises de parole politiques de haut niveau. Selon un texte dont l'agence AFP a eu connaissance et que Libération a révélé, cette hostilité grandissante envers les juges se traduit déjà par des insultes et des menaces de mort visant la procureure de la République, ainsi que des comportements agressifs de certains justiciables durant les audiences.

Les auteurs de cette démarche visent notamment le ministre de la Justice, Gérald Darmanin. Celui-ci avait qualifié la semaine d'avant les défaillances administratives d'« accablantes et inacceptables », laissant entendre que des sanctions pourraient frapper des magistrats si des négligences étaient avérées.

Dans un autre registre, la cinéaste Andrea Bescond, militante reconnue dans la lutte contre les agressions sur mineurs, a été appréhendée lors d'une manifestation organisée devant le ministère. Ses conseils, Mes Gwendoline Tenier et Marie Grimaud, ont fait savoir par communiqué qu'elle avait subi « douze heures de détention arbitraire » sans audition, sans examen médical et sans assistance juridique. Le parquet a par la suite classé sans suite.

Du côté de la gendarmerie, le général Hubert Bonneau, à sa tête, a admis l'existence d'un « vrai sujet de recensement » concernant les dossiers de violences sexuelles et de viols sur enfants. Il a précisé que ses unités enregistrent en moyenne quatre plaintes de ce type chaque heure. Interrogé sur le cas de la mère de Rosa — une autre enfant qui accuse un certain Jérôme B. d'agressions sexuelles —, il a reconnu avoir entendu sa détresse et s'est engagé à examiner si des échanges inappropriés avaient eu lieu avec des militaires.

Le gouvernement a fixé un délai de trois mois pour traiter ces affaires. Le ministre Darmanin a par ailleurs exhorté les juges à ne pas fermer les yeux sur les dysfonctionnements, estimant que cette attitude ne sert pas l'institution judiciaire.

Source : TF1 Info

Source: Google News LU FR